Adrien Moisson nous parle du Grand Paris et du 18ème. Crédits photos : Violaine Carrere.

Adrien Moisson, c'est l'exemple même du Parisien tel qu'on l'imagine, ou le fantasme. Toujours à cheval sur trois projets, motard, it boy, producteur et homme d'affaires, il a su faire de sa Splendens Factory un des viviers créatifs les plus dynamiques du 18ème. Il nous raconte son Paris, un Paris d'art alternatif, entre péril et renaissance.

Tu es parisien mais tu as habité à l'étranger... Los Angeles, pendant trois mois, où je me suis fait pas mal de contacts ; et en Chine à Shanghai, où j'ai développé ma boîte Elegangz, et puis j'ai lâché car ça ne me plaisait pas.

Quelles différences majeures entre Paris et LA ? Paris est un village, Los Angeles, une grande ville très étendue. Paris, tu peux aller en moto partout en un quart d'heure. LA, t'en as vite pour 3 heures. On est parfois un peu étriqué ici, où l'on est tous les uns sur les autres, ça ne bouge pas trop. On a un mal fou à ouvrir de nouveaux lieux à cause de la place. C'est pour cela qu'avec Splendens, on vise assez vite Dubaï et LA aussi pour notre Factory. Cependant, avec l'ouverture sur le Grand Paris, c'est en train de changer : il y a des événements qui commencent à se faire hors les murs. Contrairement aux pessimistes, je pense que d'ici dix ans, Paris deviendra une vraie capitale moderne. Mais il faut absolument qu'elle s'ouvre sur sa périphérie.

Comment est née la Splendens Factory, qui a investi la moitié de la rue Müller ? D'un collectif de trois amis, on a commencé avec des soirée et de la pub. Et puis peu à peu, on a pu financer l'agrandissement progressif. D'abord en rachetant des bouts de rue, puis le bar en face, qui est devenu le Rosie, puis le club à côté, qui est devenu le Blue, plus les apparts... Et en septembre, on a fait le festival Eclosion de Splendens, pour signifier que c'était enfin la Factory comme je l'avais rêvée depuis dix ans : un sous-sol avec de la musique, un rez-de-chaussée avec de l'art contemporain, un 1er étage design, un 2ème étage "scénaristes et réalisateurs", au fond les deux studios photos, au-dessus les bureaux, et au dernier du deuxième bâtiment, les nouvelles technologies. Ça nous a pris deux ans ! Et nous allons sûrement reprendre un restaurant dans les mois qui viennent, ainsi qu'un autre local pour faire un salon de tatouage.

Pourquoi la rue Müller pour ta Factory ? Parce que le quartier est en pleine mutation, les loyers peu chers, et parce qu'on a vu qu'en dépit de la présence de nombreux artistes dans le coin, il y avait paradoxalement un manque de vie artistique. Depuis, on est heureux de voir que ça commence à changer : le Louxor qui réouvre, etc. Le 18ème frémit !

Si tu devais nous donner trois lieux artistiques qui bougent bien en ce moment ce serait... ? Le Palais de Tokyo déjà. Je trouve son agrandissement très réussi, les restaurants cool, et puis c'est le seul musée ouvert jusqu'à minuit ! Il y a un bon réseau de lieux alternatifs aussi à Paris : le Point Ephémère, la Mains d'Œuvres... Super boulot, j'espère qu'ils vont tenir le coup ! Et tout ce que fait Stéphane Vatinel avec la Recyclerie, la Maison des Canaux et même la Machine, j'aime beaucoup. C'est convivial, pas trop cher, synergique, assez berlinois au fond !

Le fameux squat de La Miroiterie a fermé il y a peu... Penses-tu qu'il y ait encore de l'avenir à Paris pour les lieux alternatifs ? Oui, tant qu'il y aura des gens pour les défendre ! Il ne faut pas baisser les bras. À Splendens, on a été ennuyé par les voisins au début, mais au final, en tenant au courant la mairie, en faisant attention à la sécurité, on peut arriver à convaincre le quartier qu'on a un projet intéressant pour eux aussi. C'est vrai que le climat est tendu, que parfois certains tapent fort en faisant fermer des lieux... Mais encore une fois, on a les yeux tournés vers le Grand Paris pour développer de nouvelles choses.

Où sors-tu à Paris ? On fait beaucoup de choses ici ! Avec notre centaine d'artistes, on a beaucoup de soirées et de vernissages. Mais sinon j'essaye de sortir un peu partout. J'aime beaucoup mon quartier. Le resto argentin Porteña rue Müller, les bobuns de Vina Saigon, les couscous du Petit Bleu... Enfin coup de cœur pour les Ombres, le restaurant du Quai Branly. La vue est vraiment sublime, la bouffe vraiment bonne, et puis j'aime bien le jardin de nuit, c'est calfeutré, c'est calme.

Que trames-tu pour Paris en ce moment ? Un projet au-delà du périph', fidèle à mon rêve de sortir vers le Grand Paris ! Le spectacle des She Wolf à La Nouvelle Eve, une superbe salle de spectacle. Les She Wolf, c'est un groupe de danseuses/performeuses que je produis, qui fait un spectacle cabaret "new gen" très moderne, avec du mapping (projection d'images). Avant le show, il y aura un dîner préparé par Guillaume Sanchez, et après un DJ set par les Marie Madeleine. Rendez-vous le 1er novembre et le 8 décembre !

Pour connaître les actualités d'Adrien Moisson rendez-vous sur le site de la Splendens Factory.

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