L'exposition Seydou Keïta au Grand Palais. © Seydou Keïta / SKPEAC / photo courtesy CAAC – The Pigozzi Collection, Genève

En marge de l'exposition Carambolages, le Grand Palais accueille l’œuvre photographique intimiste de Seydou Keïta jusqu’au 11 juillet. L’exposition Seydou Keïta dévoile l’artiste malien et les évolutions de la société urbaine de Bamako entre 1948 et 1962. Certainement une des expositions à Paris à ne pas rater en ce moment.

Des portraits en noir et blanc recouvrent les murs rosés de l’exposition Seydou Keïta au Grand Palais. Visages d’enfants, portraits d’hommes en pied, poses élégantes ou sensuelles de femmes en boubous qu’on imagine très colorés : le photographe capture ses voisins de Bamako. Keïta, photographe autodidacte, ouvre son studio de photo en 1948 dans un quartier animé de la capitale de la République Soudanaise, colonie française à l’époque. Sa spécialité ? Le portrait, vous l’aviez compris. Il le réalise de façon individuelle ou en groupe, selon la commande de ses clients. Selon les cas, en extérieur, dans la cour du studio, éclairé de la lumière naturelle ou à l’intérieur avec une chambre 13x18. Sa signature : un fond en tissu à motifs, qui varie sans cesse. Il y a d’ailleurs, à la fin de l’exposition, un photomaton avec des fonds inspirés de l’œuvre de Keïta. Ses personnages sont soigneusement mis en scène et laissent entrevoir l’intérêt des Bamakois pour la mode occidentale.

L’artiste, seul photographe public de la ville à cette époque, met à disposition les quelques objets de valeur qu’il possède, qui rappellent les richesses occidentales. Une famille pose devant sa belle voiture, deux femmes chevauchent un Vespa blanc, un couple est accoudé à un poste de radio… Les expressions sont souvent sérieuses, les attitudes soignées, pour ces photos d’identité devenues œuvres d’art par la suite. Au fil des images en noir et blanc, l’exposition Seydou Keïta témoigne des changements de la société urbaine malienne, en pleine décolonisation, désireuse de se moderniser. En 1960, la décolonisation française touche à sa fin et la République Soudanaise proclame son indépendance pour devenir la République du Mali. Les images de l’artiste s’arrêtent en 1962, date à laquelle il ferme son studio pour devenir le photographe officiel du nouveau gouvernement en place.

L’exposition Seydou Keïta au Grand Palais, 3 Avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris. Elle dure jusqu’au 11 juillet. Tarif : 10€.

© Seydou Keïta / SKPEAC / photo courtesy CAAC – The Pigozzi Collection, Genève
© Seydou Keïta / SKPEAC / photo courtesy CAAC – The Pigozzi Collection, Genève
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