Exposition Trésors de l'islam en Afrique à L'Institut du Monde Arabe. Crédit photos : James Morris, Djenne Mosque, Mali 2000.

La capitale culturelle renouvelle sans cesse ses murs. Photographie, sculpture, peinture, street art… Tous les arts sont au rendez-vous des expositions  à Paris. Galeries, musées et fondations mettent à l’honneur la création sous toutes ses formes. Sans plus tarder, voici les expositions à Paris à ne pas laisser filer ce mois-ci.

Trésors de l'islam en Afrique, De Tombouctou à Zanzibar

Sebastian Schutyser-Wango, Adobe Mosques in Mali series - Photo credits © Sebastian Schutyser

L'Institut du Monde Arabe part à la découverte des sociétés d'Afrique subsaharienne qui pendant treize siècles ont inspiré autant qu'ont été influencées par leurs échanges intellectuels, religieux et culturels avec le Maghreb et le Moyen Orient. Trésors de l'Islam en Afrique, une exposition majeure qui met en valeur près de 300 œuvres provenant de disciplines variées et témoignant du foisonnement artistique et spirituel de la pratique de l'Islam en Afrique subsaharienne. Un parcours chronologique qui débute au VIIème siècle autour du Sahara, lieu d'échanges et de communication entre Afrique du Nord, de l'Est et de l'Ouest, se poursuit par une immersion dans le l'architecture, les pratiques et les rites religieux et magiques et se clôt sur la diffusion de la culture arabo-musulmane par l'art et l'artisanat dans tout le continent. Trésors de l'islam en Afrique, l'occasion aussi de découvrir l'œil que portent certains artistes contemporains, tels que Rachid Koraichi, Hassan Musa ou Youssef Limoud, sur cette histoire pluriséculaire du rayonnement artistique et religieux de l'islam en Afrique.

Trésors de l'islam en Afrique, De Tombouctou à Zanzibar, à L'Institut du Monde Arabe, jusqu'au 30 juillet 2017.

 

À pied d'œuvre(s) à La Monnaie de Paris

Michel Blazy, Millesfeuilles [A thousand leaves] 1993-1994, Papier toilette rose. Vues d’exposition A pied d'œuvres à la Monnaie de Paris, mars 2017, (c) Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat.

La Monnaie de Paris célèbre les 40 ans du Centre Pompidou avec À pied d'œuvre(s). Douze chapitres et autant de portes à franchir à la découverte des lectures artistiques du passage de la verticalité à l’horizontalité qui bouscule les normes de la sculpture du 20ème. Un parcours inédit dans les salles de la Monnaie de Paris, les sculptures s’échappent de leurs socles et s'interprètent à même le sol. Un retour sur plusieurs décennies de sculptures qui n'ont eu de cesse de s'émanciper des codes pour s'ouvrir vers le monde alentour, intégrer des objets du quotidien ou des matériaux bruts et se mélanger avec le paysage jusqu'à en épouser la forme. Des performances d’Orlan qui mesurent les distances de son corps et symbolisent son passage corps mesure au readymade de Marcel Duchamps, jusqu’aux rites des Terres Sacrées, un corpus d’œuvres à parcourir du 31 mars au 9 juillet 2017 à la Monnaie de Paris.

À pied d'œuvre(s) à La Monnaie de Paris, jusqu'au 9 juillet 2017.

Afriques Capitales à La Villette 

William kentridge, More sweetly play the dance 2015, exposition Afriques Capitales à La Villette.

Printemps 2016, la Villette lançait pour la première fois son festival pluridisciplinaire 100%. De retour du 23 mars au 28 mai 2017 pour sa deuxième édition, le festival est cette année entièrement dédié à l’Afrique avec 100% Afriques Festival. Un parcours à travers la diversité et la richesse des créations contemporaines de l’art africain avec un mélange de films, de performances théâtrales, de sculptures, de peintures, de photographies et d’installations sonores et vidéos. Le festival 100% Afriques présente notamment l’exposition Afriques Capitales consacrée aux grandes villes africaines. Une visite qui démarre sous la ville suspendue au-dessus de nos têtes de Pascale Marthine Tayou Fallings Houses qui nous mène jusqu’au cortège More Sweetly Play The Dance de William Kentridge. On s’arrête pour suivre Crossings de Leila Alaoui. L’artiste franco-marocaine, décédée le 18 janvier 2016 lors de l'attentat de Ouagadougou, signe ici l’une de ses dernières réalisations. Sur les pas des migrants, entre exil et réalité, un triptyque qui nous guide à travers le périple de populations subsahariennes du désert à la méditerranée. J’ai envie de rentrer mais où vais-je aller si je rentre ? J’ai envie de rester mais où vais-je rester si je reste ? J’ai envie de mourir. Un témoignage poignant sur la dureté de ces exodes forcés. À découvrir jusqu’au 28 mai à la Villette mais aussi à l'extérieur, dans les jardins du parc de la Villette, où une trentaine d’œuvres sont présentées au public dans le cadre du mois de la photo du Grand Paris.

Exposition Afriques Capitales à la Grande Halle de La Villette, jusqu’au 28 mai 2017.

Olga Picasso au Musée Picasso Paris

Pablo Picasso, Olga pensive Paris, Hiver 1923  © Succession Picasso 2017.

Le musée Picasso Paris consacre une exposition à la première épouse et muse du peintre, Olga Picasso. Portraits, photographies, effets personnels retracent la vie de cette ukrainienne, danseuse au ballet russe, qui fit la rencontre de Pablo Picasso au printemps 1917 à Rome. Une rencontre qui bouleversa la vie des deux amants et qui se raconte du 21 mars au 3 septembre au musée Picasso Paris. Un focus sur l’œuvre du peintre de 1917 à 1935, ponctué par les correspondances entre Olga et sa famille, les archives familiales, la naissance de leurs fils Paul en 1921, leur vie rue de la Boétie, les vacances en famille, jusqu'à leur séparation en 1935 et la vie d’après. 350 œuvres et autant de souvenirs qui viennent raviver leur mémoire et dessiner le portrait d’Olga Picasso.

Exposition Olga Picasso au musée Picasso Paris jusqu’au 3 septembre 2017.

Picasso Primitif au Musée du Quai Branly

 © musée du quai Branly - Jacques Chirac.photo Gautier Deblonde © Succession Picasso 2017.

Picasso toujours, le musée du Quai Branly Jacques Chirac s’associe au musée Picasso Paris et nous ouvre les portes de la collection personnelle du peintre espagnol. Art d’Afrique, des Amériques, d’Asie et d’Océanie, sculptures, totems, masques se mêlent aux créations du peintre et révèlent au fur et à mesure de l’exposition l’étroit rapport entre l’œuvre de Picasso et les inspirations qui l’entourent.

Picasso Primitif au Musée du Quai Branly, jusqu’au 23 juillet 2017.

Ciao Italia au Musée National de l’histoire de l’immigration

Moataz Nasr, Vacanze Romane, 2013, exposition Ciao Italia Musée National de l’histoire de l’immigration.  © Courtesy de l'artiste, Galleria Continua, San Gimignano / Beijing / Les Moulins / Habana.

Ciao Italia, un siècle d’immigration et de culture italienne en France (1860-1960) à l’affiche de l’exposition du Musée National de l’histoire de l’immigration. Portée par quatres questions - D'où viennent-ils ? Où se retrouvent-ils ? Que font-ils ? Que laissent-ils ? - l’exposition Ciao Italia retrace le parcours de milliers d’immigrés italiens venus fouler le sol français, du départ de leurs villes natales à leur installation en France, apportant avec eux leur savoir-faire et leur culture. De l’art au cinéma et à la religion, en passant par la gastronomie, la culture italienne rayonne au Musée National de l’histoire de l’immigration.

Ciao Italia au Musée National de l’histoire de l’immigration, jusqu’au 10 septembre 2017.

Rodin, l'exposition du centenaire au Grand Palais

Auguste Rodin, Le Penseur, grand modèle, SNBA, 1904, Paris musée Rodin, donation Rodin, 1916.

2017 célèbre le centenaire de la mort du sculpteur français Auguste Rodin. À cette occasion, le Grand Palais et le musée Rodin se réunissent pour célébrer l’œuvre du sculpteur. Rodin, l’exposition du centenaire au Grand Palais marque un retour sur l'œuvre pionnière de l'artiste qui fit entrer la sculpture dans l'ère moderne. Un parcours qui suit le processus créatif de l’artiste et qui rassemble ses pièces les plus illustres, Le Penseur, Le Baiser ou Les Bourgeois de Calais en têtes d'affiche. L’exposition, riche en propositions, nous met face aux interrogations et aux évolutions de l'artiste français. Une perpétuelle réinvention saisie par un circuit en trois étapes, Rodin expressionniste, Rodin expérimentateur et Rodin, l'onde de choc où se mêlent les sculptures d’artistes influencés par l’art fondateur du sculpteur, d’Alberto Giacometti à Sui Jianguo. Rodin, l'exposition du centenaire au Grand Palais, encore un peu plus dans la légende.

Rodin, l'exposition du centenaire au Grand Palais, jusqu'au 31 juillet 2017.

Jardins au Grand Palais

Paul Cézanne, Les pots de fleurs 1883-1887, © Adagp, Paris 2017 © Rmn-Grand Palais (musée d’Orsay) / Photo Tony Querrec

Du 15 mars au 24 juillet 2017, le Grand Palais se met au vert ! Une promenade printanière dans l’histoire de l’art immergée dans des jeux sonores et olfactifs, des effets de cadrage et d’échelle pour un voyage lyrique rythmé par des chefs d’œuvre de grands artistes, Fragonard, Monet, Klimt ou, entre autres, Picasso. Peinture, sculpture, joaillerie, une thématique abordée sous toutes les boutures. Point fort de l’exposition Jardins au Grand Palais, la scénographie qui bouscule les accrochages et nous donne à voir les jardins sous un autre angle, une autre perspective. S’illustre alors la richesse des détails, de la construction à l’entretien du jardin, une évolution contée aux coups de pinceaux. Un dialogue entre l’image fixe et le mouvement qui s’illustre au fil des bosquets. Avec en guise de bouquet final, une parenthèse contemporaine qui questionne le jardin de demain et les différentes pistes pour en définir les contours artistiques, botaniques, écologiques et sociaux. Parfait pour se mettre à l’heure d’été.

Exposition Jardins au Grand Palais, jusqu'au 24 juillet 2017.

Pissarro à Éragny, la nature retrouvée

Camille Pissarro Le jardin d’Eragny, © National Gallery of Art, Washington, Ailsa Mellon Bruce Collection.

Le Musée du Luxembourg met à l’honneur une des figures majeures de l’impressionnisme, Camille Pissarro. Un coup de projecteur sur une centaine de productions, tableaux, dessins, gravures et archives familiales qui retracent la fin de vie du peintre à Éragny-sur-Epte dans l’Oise entre 1884 et 1903. Une période de véritable foisonnement artistique, politique et intellectuel que l’artiste n’hésitera pas à représenter dans ses toiles. Découvrant les thèses anarchistes à la fin du XIXème et ayant transformé sa maison familiale en exploitation agricole collective, Pissarro intègre alors à sa peinture un mode de vie tourné vers la paysannerie et l’engagement. L’exposition revient ainsi sur cette histoire peu connue de l’artiste marquée également par la réception de ses amis artistes, Cézanne, Van Gogh, Gauguin ou encore Monet dont la demeure de Giverny n’est distante que de quelques kilomètres.

Pissarro à Éragny, la nature retrouvée au Musée du Luxembourg, jusqu'au 9 juillet 2017.

L’Esprit français à La Maison Rouge

Philippe Morillon, membres des bandes des Gazolines et To The Bop devant la boutique Pendora de Luxe aux Halles 1975 © Philippe Morillon

Du 24 février au 21 mai 2017, la maison rouge transgresse les codes avec L’Esprit français, contre-cultures en France 1969-1989. Une exposition collective et thématique qui revient sur les mouvements culturels et artistiques critiques de la période post 1968 et qui donne à voir comment certaines formes de revendication et d'émancipation se sont cristallisées dans de nouveaux modes artistiques faisant dialoguer cultures populaires et arts traditionnels. Les œuvres et documents présentés incarnent ainsi l’esprit français" au sein des pratiques et des discours de contestation de l'époque qui font leur essor au niveau international. Une french touch qui investit des médias de masse tels que la presse protestataire, le cinéma militant ou les radios libres et donne vie à des formes d'expression politique et artistique novatrices autour, entre autres, de l'humour noir et de l'émancipation sexuelle. L’Esprit français-contre-cultures en France 1969-1989, un pas dans un passé oublié pour interroger le présent.

L’Esprit français, contre-cultures en France 1969-1989 à La Maison Rouge jusqu'au 21 mai 2017.

Josef Koudelka La fabrique d'Exils

Josef Koudelka, Collection Centre Pompidou, Paris, Don de l’artiste 2016
© Josef Koudelka / Magnum Photos © Centre Pompidou / Dist. RMN-GP

Absentes depuis 29 ans de la capitale, les photographies de l’artiste français d’origine tchèque Josef Koudelka refont leur apparition au Centre Pompidou. Josef Koudelka, la fabrique d’Exils, trente-cinq clichés triés sur le volet parmi les soixante-quinze de sa série Exils, dont le photographe a fait don au Centre Pompidou en 2016. Accompagnés d’autoportraits inédits, les photographies réalisées lors de ses voyages sur les routes d’Europe dans les années 1970 et 1980 donnent à voir les rencontres qu’il fit lors de ses années d’exil et dont il tira un ouvrage désormais référence. Josef Koudelka, la fabrique d’Exils, une invitation à découvrir le processus créatif qui se cache derrière Exils à la Galerie des Photographies du Centre Pompidou.

Josef Koudelka, la fabrique d’Exils au Centre Pompidou, jusqu'au 22 mai 2017. Entrée libre.

Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Louvre

Johannes Vermeer, La Lettre interrompue, Washington National Gallery of Art, don de Harry Waldron Havemeyer et Horace Havemeyer, Jr, en mémoire de leur père Horace Havemeyer, c Washington National Gallery of Art

Vermeer et les maîtres de la peinture de genre, le Louvre réunit une trentaine de tableaux  le temps d’une exposition événement qui met à l’honneur la peinture hollandaise. Les cadres se resserrent pour un effet de réduction intimiste où se valorisent les scènes de genre. Un parcours qui dresse le répertoire des relations, du plagiat à l’hommage, que le génie hollandais a entretenu avec les autres artistes de son temps. On se concentre sur les détails, étudie les différentes lectures d’un même sujet, Vermeer comme point de repère. Le Louvre, grâce au soutien de la National Gallery of Ireland et de la National Gallery of Art de Washington, réussit le pari de rassembler douze tableaux du maître de Delft Vermeer, soit un tiers de son œuvre, dont la mythique La Laitière qui clôt avec élégance cette exposition événement à ne pas rater.

Vermeer et les maîtres de la peinture de genre, au musée du Louvre jusqu’au 22 mai 2017.

Valentin de Boulogne, réinventer Caravage 

Valentin de Boulogne, La Diseuse de bonne aventure, Département des Peintures, musée du Louvre, Paris, c RMN-GP musée du Louvre, Tony Querec.

Vous venez découvrir Vermeer, vous vous souviendrez de Valentin. Double programmation cette saison au Musée du Louvre avec, en guise de voisin de l’exposition Vermeer et les maîtres de la peinture du genre, une exposition consacrée à Valentin de Boulogne, peintre français du XVIIème siècle, digne successeur du naturalisme de Caravage. Réinventer Caravage, c’est l’objet de cette exposition qui rassemble à travers un parcours chronologique de trois thèmes les évolutions des sujets et des techniques utilisés par Valentin de Boulogne. D’immenses toiles où l’intensité du clair-obscur est poussée à l’extrême et, comme pour tempérer le dramaturgie suscitée par la technique, quelques touches de couleurs. Valentin de Boulogne, réinventer Caravage, quand la filiation devient transfiguration.

Valentin de Boulogne, réinventer Caravage, au musée du Louvre jusqu’au 22 mai 2017.

Peter Campus au Jeu de Paume

Peter Campus, Set of Coincidence, 1974, vidéo couleur, son, 13 min 24 s. Courtesy de l’artiste et de la Cristin Tierney Gallery © Peter Campus 2017

Du 14 février au 28 mai 2017, le Jeu de Paume innove en présentant la première exposition française consacrée à l'œuvre de Peter Campus, Peter Campus, video ergo sum. Pionnier avant l'heure de l'art vidéo, Peter Campus propose dès les années 1970 des installations vidéo originales en circuit fermé où le spectateur devient acteur grâce à des techniques de transmission instantanée de l'image. Le visiteur interagit avec les installations et se perçoit à travers des images déformées qui se superposent, s'éloignent, se multiplient selon sa position, comme dans ses œuvres fondatrices Optical Sockets ou Interface. Peter Campus, video ergo sum, l'occasion aussi de découvrir les travaux plus récents de l'artiste, réalisés à partir de 1996 et influencés par les nouvelles technologies tels que le numérique ou l'ultra haute définition. Une énième manière pour Peter Campus de plonger les curieux dans des mondes où les visions et les perceptions perdent leurs repères.

Peter Campus, video ergo sum au Jeu de Paume, jusqu'au 28 mai 2017.

Eli Lotar rétrospective au Jeu de Paume 

Eli Lotar, Dormeuse, Espagne, quatrième voyage, février 1936, collection Centre Pompidou, Paris, MNAM-CCI © Eli Lotar

À partir du 14 février le Jeu de Paume nous invite à découvrir l’œuvre du photographe et cinéaste français d'origine roumaine Eli Lotar. L'exposition Eli Lotar (1905-1969) rend compte par une centaine de tirages ; de documents et de films d'époque du talent, de la créativité et des passions de l'artiste. Aguerri aux techniques de la photographie moderne par Germaine Krull, il s'en démarque néanmoins rapidement pour explorer avec brio de nouveaux points de vue ou des sujets originaux. Curieux de son époque, il n'hésite pas à figer le monde urbain et industriel parisien ou les nouveaux objets qui lui sont contemporains, tout autant qu'à s'investir dans des projets collectifs en collaboration avec des artistes engagés comme le poète Jacques Prévert ou le cinéaste Joris Ivens. Eli Lotar (1905-1969) au Jeu de Paume, une épopée cinématographique et photographique à travers l'œil d'un artiste unique.

Eli Lotar (1905-1969) au Jeu de Paume, jusqu'au 28 mai 2017.

Nouvelle saison au Palais de Tokyo

Attitutes, Marie Lund. Vue de l’exposition « Sous le regard de machines pleines d’amour et de grâce »,  Palais de Tokyo (03.02 – 08.05.2017). Photo : Aurélien Mole. 

Le Palais de Tokyo revient avec une saison riche en toute chose, Sous le regard de machines pleines d’amour et de grâce, une exposition collective qui met à l'honneur des artistes qui questionnent les influences de notre système économique capitaliste et des nouvelles technologies sur nos ressentis et nos émotions. Un parcours divisé en cinq “zones affectives” rythmé de jeux de lumière, on déambule dans le labyrinthe du quotidien de Pedro Barateiro pour découvrir plus loin, exposées là, les coquilles vides de Marie Lund qui déshabillent l’humain, l’animal et le végétal pour en extraire leur carapace.

Sous le regard de machines pleines d’amour et de grâce au Palais de Tokyo, jusqu'au 8 mai 2017.

Abraham Poincheval 

Vue de l’exposition d’Abraham Poincheval, Palais de Tokyo (03.02 – 08.05.2017). Courtesy de l’artiste et Galerie Semiose (Paris) Photo : Aurélien Mole.

Un homme à la mer, la bouteille vide d’Abraham Poincheval est venue s’échouer à l’entrée du Palais de Tokyo. Le performeur investit le palais de ses sculptures habitables les plus impressionnantes et récidive en proposant deux performances inédites pour cette saison. Interroger notre interaction avec le monde des choses, Pierre présente une immersion expérimentale d'une semaine à partir du 22 février dans un rocher calcaire spécialement taillé pour épouser la silhouette de l'artiste. Œuf, installation surréaliste, met en œuvre Abraham Poincheval couvant des œufs de poule en gestation grâce à un manteau traditionnel coréen réalisé par l’artiste Seulgi Lee. Deux rendez-vous avec le performeur de l’extrême à ne surtout pas manquer.

Abraham Poincheval, au Palais de Tokyo, jusqu'au 8 mai 2017.

The Fountain Archives Saâdane Afif au Centre Pompidou

Fontaine, ready made iconique de Marcel Duchamp, fête ses cent ans. Pour l'occasion, le Centre Pompidou lui rend hommage à travers l'exposition The Fountain Archives 2008-2017. Issue de la collecte par l'artiste Saâdane Afif d'une multitude de publications, de photographies et de pages arrachées qui utilisent une reproduction de Fontaine, la collection présentée donne à voir comment se construit la légende d'une œuvre désormais figure mythique de l'histoire de l'art. Chaque page devient une partie de la nouvelle œuvre de Saâdane Afif composée par les images reproduites de Fontaine et participe à mettre en abîme la médiation du chef d'œuvre de Duchamp dans la société.

Dans la continuité de sa première œuvre, Saâdane Afif expose aussi des pages arrachées mises sous cadre reprenant les commentaires et les articles qui ont traité de son projet et les publications dont il a utilisé les extraits pour réaliser son œuvre, présentées sous vitrine. The Fountain Archives, une exposition originale qui montre comme l'art ne meurt jamais par les réappropriations dont il est l'objet.

Saâdane Afif, The Fountain Archives 2008-2017 au Centre Pompidou jusqu’au 30 avril 2017. 

Cy Twombly en vedette au Centre Pompidou

 

Blooming, 2001-2008, © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Fondazione Nicola Del Roscio © Photo: Studio Silvano, Gaeta

Cy Twombly au Centre Pompidou, une rétrospective inédite et monumentale qui nous immerge dans la multiplicité des techniques et des thèmes d'un des plus grands peintres abstraits américains de la seconde moitié du XXème siècle. Ses premiers dessins au crayon noir inspirés des arts primitifs dans les années 1950, ses peintures-écritures, son évolution dans les années 1960 vers l'utilisation plus systématique de la couleur, le mélange du crayon et de la peinture à partir des années 1990 ou l'influence de la mythologie gréco-romaine tout au long de sa carrière, tout y est ! Une œuvre empreinte d’histoire collective et personnelle, de la guerre de Troie à l'assassinat de JFK, et au brassage culturel puissant. Passage immanquable au cœur de l’exposition, une série complète de sculptures, réalisations souvent méconnues mais qui, grâce à une scénographie de talent, prennent vie au Centre Pompidou. Un socle commun à trois niveaux qui joue sur les volumes et les hauteurs et donne une visibilité propre pour chaque œuvre. Une présentation groupée face à un panorama parisien qui laisse sans voix.

Cy Twombly, au Centre Pompidou, jusqu'au 24 avril 2017.

Luz dessine Albert Cohen

Un enfant juif rencontre la haine le jour de ses dix ans. J’ai été cet enfant. Albert Cohen, 1972. L'exposition Ô vous, frères humains du musée d'art et d'histoire du Judaïsme présente l'adaptation graphique par le dessinateur Luz de l'ouvrage du même nom d'Albert Cohen. Publié en 1972, ce récit retrace le traumatisme vécu par l'écrivain suisse en 1905, le jour de son dixième anniversaire, quand il est insulté de sale youpin par un camelot à Marseille. Cette découverte de l'antisémitisme sonnera comme une prise de conscience où se mélangent consternation, courroux et souffrance. Sa croyance en la fraternité humaine s'en trouvera à jamais ébranlée et, pourtant, prendra finalement les traits d'un manifeste humaniste et solidaire. L'ayant découvert dans son adolescence, Luz se saisit de ce récit autobiographique pour en délivrer une version personnelle à travers un roman graphique de 130 dessins. L'exposition présente les planches originales de l'album et rappelle l'attachement de l'ancien dessinateur de Charlie au thème de la perte de l'innocence depuis Catharsis, sa précédente œuvre qui retraçait son expérience des attentats du 7 janvier 2015.

«Ô vous, frères humains » Luz dessine Albert Cohen au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, jusqu'au 28 mai.

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