MMM - Matthieu Chedid et Martin Parr, Benidorm, Spain 1997 (c)Martin Parr, Magnum Photos.

Il ne vous reste que quelques semaines, voire quelques jours, pour vous rendre aux expositions qui ont marqué cette rentrée 2016. Picasso et Giacometti en tête à tête au musée Picasso, Magritte au Centre Pompidou ou encore l’exposition sur le Mexique au Grand Palais n’attendent que vous. Sans plus tarder, voici les expositions à Paris à ne pas laisser filer ce mois-ci.

Mexique 1900-1950 : au Grand Palais

Diego Rivera, La Rivière Juchitán, 1953-1955, © Jorge Vertíz Gargollo © 2016 Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo Museums Trust, Mexico, D.F / Adagp, Paris

D'un côté, Hergé, de l'autre, le Mexique, en cette rentrée, le Grand Palais joue sur tous les tableaux. L’exposition Mexique 1900-1950 nous fait découvrir les particularités de l'art mexicain, le symbolisme d'Angel Zàrraga ou le muralisme et le graphisme de Diego Rivera, José Clemente Orozco et Davis Alfaro Siqueiros. Un voyage historique fascinant dans un Mexique où l'art s'imprègne du contexte politique et se mesure aux courants européens pour mieux trouver une identité propre. Mexique 1900-1950 au Grand Palais, l'occasion aussi de participer à l'affirmation d'une scène artistique féminine hétéroclite, à travers les œuvres célèbres de Frida Kahlo mais aussi celles d'autres artistes telles que Rosa Rolanda et Olga Costa ou encore la photographe Lola Álvarez.

Mexique 1900-1950, Diego Rivera, Frida Kahlo, José Clemente Orozco et les avant-gardes, au Grand Palais, 3 Avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris. Jusqu'au 23 janvier 2017.

MMM - Matthieu Chedid et Martin Parr : à la Philharmonie de Paris

Clare College May Ball, Cambridge, England, 2005 (c) Martin Parr - Magnum Photos

Une jolie musique se joue du côté de la Philharmonie. Alors que l’exposition Beethoven démarre dans quelques jours, Mathieu Chédid et Martin Parr investissent la partie musée de la Philharmonie pour une expérience musicale et photographique. Plongées dans le noir, les photographies de Martin Parr parcourent les murs tandis que les riffs de guitare viennent percuter nos tympans. On s’installe sur les transats made in Martin Parr et se laisse guider par une bande son sur mesure qui escorte en douceur l’univers du photographe. Mixant ainsi instru et publicité, MMM se vit comme une exposition à voir et à entendre. Petit conseil, pour vivre l’expérience jusqu’au bout, évitez les heures d’affluence, l’espace est petit et les places sont chères.

MMM - Matthieu Chedid et Martin Parr, à la Philharmonie de Paris, 221 avenue Jean Jaurès, 750019 Paris. Jusqu'au 29 janvier 2017.

Andres Serrano, portraits de l'Amérique à la MEP

Signs of the Times, 2013 © Andres Serrano. Courtesy Galerie Natha- lie Obadia Paris/Bruxelles

Les États Unis à l’honneur à la Maison Européenne de la Photographie. Quatre étages d’expositions qui interrogent l'identité et l'imaginaire américains à travers les yeux de ses photographes, parmi lesquels Andres Serrano, Harry Callahan, Diana Michener.

Artiste majeur de la scène photographique, Andres Serrano dessine, à travers une série de portraits aux couleurs tranchées, l'histoire du pays de l’oncle Sam, du 11 septembre 2001 au Ku Kux Klan en passant par les portraits de Snoop Dog ou Donald Trump. Drôle de mélange et savant mix dont émane une identité américaine incarnée et multiforme. Un sentiment renforcé avec la deuxième partie de l’exposition que l'artiste consacre aux sans abris avec une installation de son projet Signs of the Times et ses séries Nomads et Residents of New York. Un ensemble aux contrastes saisissants entre l'esthétique des images et la dureté des expériences individuelles.

Andres Serrano, à la Maison Européenne de la Photographie jusqu’au 29 janvier 2017.

Harry Callahan quart d'heure américain au son des cigales

France, 1958 © The Estate of Harry Callahan / Courtesy Pace/MacGill Gallery, New York Collection Maison Européenne de la Photographie, Paris - Don de l’auteur

Harry Callahan ballade son objectif dans les rues d’Aix-en-Provence. On suit les silhouettes féminines qui traversent les rues et empruntent des ruelles étroites. La ville perd ses couleurs provençales et se peint en jeu de lumière noir et blanc. Une poésie saisie sur la pellicule où l’architecture d’une petite ville française devient le théâtre parfait pour les expérimentations sur l’ombre et la lumière du photographe, plus habitué au gigantisme de Chicago et du Middle West américain. Des obsessions techniques qui se déclinent en photomontage, surimpression et superposition et trouvent leur apogée dans les variations qui lient les paysages de Provence au corps de la femme de l’artiste, Eleanor.

Harry Callahan, French Archives, Aix-en-Provence 1957 - 1958, à la Maison Européenne de la Photographie. Jusqu’au 29 janvier 2017.

Jean Nouvel, mes meubles d'architecte aux Arts Décoratifs

Jean Nouvel, exposition mes meubles d'architecte aux Arts Décoratifs.

Je ne suis pas un designer mais un architecte qui fait du design. Jean Nouvel investit (doublement) le musée des Arts décoratifs. Un premier espace totalement dévoué à l’architecte où se conjuguent créations et scénographie intime. Murs à nu, briques apparentes, le sol se marque de carrés noirs délimitant des espaces comme pour mieux apprécier toutes les lignes des créations de Jean Nouvel. Une mise en scène qui donne la sensation de pénétrer un appartement à l’abandon dont les seuls vestiges seraient les réalisations de l’architecte. Une proposition réussie qui résonne avec la volonté des muséographes de vivre l'expérience du design. Tout comme la récente rétrospective sur Pierre Paulin au Centre Pompidou, l’exposition Jean Nouvel aux Arts Décoratifs donne à voir et à vivre. On s’assoie, on touche, on découvre les courbes de la table 1=2, les jeux de réflexion qui s’opèrent sur le plateau de la table Li-Da et son mécanisme tournant, on s’installe pour mieux saisir la texture des matières des KNP. Au-delà d’une simple rétrospective, Jean Nouvel pousse les murs du musée des Arts décoratifs et mêle ses productions aux salles des expositions permanentes dédiées au Moyen-Âge, à La Renaissance et au XVIIème et XVIIIème siècles. Un jeu du chat et la souris audacieux où cohabitent les styles et les genres. A découvrir aux Arts Décoratifs jusqu’au 12 février.

Jean Nouvel, mes meubles d'architecte, sens et essence aux Arts Décoratifs, 107 Rue de Rivoli, 75001 Paris. Jusqu'au 12 février 2017.

Éclectique, Plumes et Du Jourdain au Congo au Quai Branly

© musée du quai Branly, photo Gautier Deblonde, Éclectique, une collection du XXIème siècle.

L’exposition Éclectique, une collection du XXIe siècle met à l'honneur une partie de la collection du mécène Marc Ladreit de Lacharrière réunissant des œuvres africaines et océaniennes issues, entre autres, de l'art fang, baoulé ou dogon. Une scénographie où les œuvres d'art de différentes civilisations se font face et l'art devient le trait d'union imaginaire qui fait dialoguer leurs cultures.

Éclectique, une collection du XXIe siècle, au Musée du Quai Branly Jacques Chirac jusqu’au 2 avril 2017.

La plume au centre des attentions de l'exposition Plumes, visions de l'Amérique précolombienne. Matériau phare des sociétés précolombiennes, la plume fait l'objet dans l'art méso-américain tout autant d'outil que de symbole. L'occasion de découvrir des plumasseries d'époque mais aussi de comprendre comment les premiers évangélisateurs en détournèrent le sens au profit d'un message chrétien, imposant en Europe une vision caricaturée de l'Indien vêtu de plumes.  

Plume, visions de l’Amérique Précolombienne, , au Musée du Quai Branly Jacques Chirac jusqu’au 29 janvier 2017.

L'exposition Du Jourdain au Congo, art et christianisme en Afrique centrale présente une centaine d'œuvres inspirées par des objets introduits par les missionnaires catholiques au sein de la culture Kongo. Une manière de saisir les relations de pouvoir à l'œuvre de la période coloniale jusqu'au XXe siècle, l'influence des représentations chrétiennes mais surtout leur réappropriation par l'art Kongo, figure d'affranchissement vis-à-vis de l'oppression coloniale.

Du Jourdain au Congo, art et christianisme en Afrique centrale, jusqu’au 2 avril 2017. 

Picasso Giacometti : tête à tête au Musée Picasso

Alberto Giacometti, Composition (dite cubiste I, Couple) 1926-1927

L’un peint et l’autre sculpte (et vice versa), figures intemporelles et artistes majeurs, Picasso et Giacometti se retrouvent à l’honneur de l’exposition de la rentrée du Musée Picasso. L’hôtel Salé abrite en ses murs jusqu’au 5 février l’exposition Picasso Giacometti, dialogue entre deux maîtres, une première qui met en lumière leurs personnalités singulières. La boule suspendue, l’Homme qui marche, la Grande femme assise s’installe donc parmi les portraits de Dora Maar. Une correspondance unique entre les œuvres des deux artistes où se profilent leurs gestes, entre similitudes et différences, dans une recherche soutenue et un renouvellement continu.

Picasso Giacometti, dialogue entre deux maîtres, au Musée Picasso Paris 5 rue de Torigny, 75003 Paris. Jusqu'au 5 février 2017.

Jean Nouvel, mes meubles d'architecte aux Arts Décoratifs

Jean Nouvel, exposition mes meubles d'architecte aux Arts Décoratifs.

Je ne suis pas un designer mais un architecte qui fait du design. Jean Nouvel investit (doublement) le musée des Arts décoratifs. Un premier espace totalement dévoué à l’architecte où se conjuguent créations et scénographie intime. Murs à nu, briques apparentes, le sol se marque de carrés noirs délimitant des espaces comme pour mieux apprécier toutes les lignes des créations de Jean Nouvel. Une mise en scène qui donne la sensation de pénétrer un appartement à l’abandon dont les seuls vestiges seraient les réalisations de l’architecte. Une proposition réussie qui résonne avec la volonté des muséographes de vivre l'expérience du design. Tout comme la récente rétrospective sur Pierre Paulin au Centre Pompidou, l’exposition Jean Nouvel aux Arts Décoratifs donne à voir et à vivre. On s’assoie, on touche, on découvre les courbes de la table 1=2, les jeux de réflexion qui s’opèrent sur le plateau de la table Li-Da et son mécanisme tournant, on s’installe pour mieux saisir la texture des matières des KNP. Au-delà d’une simple rétrospective, Jean Nouvel pousse les murs du musée des Arts décoratifs et mêle ses productions aux salles des expositions permanentes dédiées au Moyen-Âge, à La Renaissance et au XVIIème et XVIIIème siècles. Un jeu du chat et la souris audacieux où cohabitent les styles et les genres. A découvrir aux Arts Décoratifs jusqu’au 12 février.

Jean Nouvel, mes meubles d'architecte, sens et essence aux Arts Décoratifs, 107 Rue de Rivoli, 75001 Paris. Jusqu'au 12 février 2017.

La France d’Avedon : Vieux monde et new look à la BNF

Harper’s Bazaar, mars 1959: Marc Chagall,  Francis Poulenc, François Mauriac .Photograph by Richard Avedon. © The Richard Avedon Foundation / Credit: Previously published by Harper’s Bazaar magazine. Reprinted with permission of Hearst Communications, Inc.

La France de Richard Avedon se parcourt à la BNF à partir du 18 octobre et jusqu’au 26 février 2017. Une rétrospective qui va au-delà de la figure traditionnelle associée au photographe américain, connu pour avoir laissé son empreinte dans le monde de la mode à travers les photos qu'il réalisa chez Harper's Bazaar et Vogue. Sa conception de la photographie comme un art impur en constante conversation avec d’autres formes artistiques tels que le cinéma, la littérature ou le graphisme témoigne d’une richesse plus complexe de son œuvre. Elle s'incarne dans sa vision de la France d'après guerre et prend les traits de Catherine Deneuve, de duos impromptus en compagnie de la Tour Eiffel de François Truffaut, Jean Anouilh, Jacques Tati et Marc Chagall ou d’Audrey Hepburn et son rôle de mannequin fraîchement débarquée dans la capitale avec le film Funny Face.

La France d’Avedon : Vieux monde et new look , à la BNF, Quai François Mauriac, 75706 Paris. Jusqu’au 26 février 2017.

Bernard Buffet : exposition événement au MAM

Vingt mille lieues sous les mers, Le Poulpe géant, © Fonds de dotation Bernard Buffet © ADAGP, Paris 2016

Bernard Buffet, peintre français des plus célèbres mais aussi des plus controversés du XXe siècle, tient l’affiche d’une rétrospective au Musée d’Art Moderne. Une première pour ce peintre dont l’œuvre fût un temps passée sous silence par la critique car jugée trop déroutante. Un style marqué et unique où la toile prend vie et se pare de reliefs dans un geste qui va jusqu'à graver le support. Mais aussi des thèmes singuliers, telles que la religion, la littérature ou l’histoire, que Bernard Buffet n'aura eu de cesse d’explorer et de revisiter tout au long de sa carrière. Une exposition à ne pas manquer et l’occasion de découvrir les deux autres expositions du MAM, Carl Andre et Eva et Adèle.

Bernard Buffet, au musée d'art moderne de la ville de Paris, 11 Avenue du Président Wilson, 75116 Paris. Jusqu’au 26 février 2017.

Magritte : Rétrospective au Centre Pompidou

René Magritte, La Trahison des images, Ceci n’est pas une pipe, 1929 © Photothèque R. Magritte / Banque d’Images, Adagp, Paris, 2016

Magritte à l’honneur de cette rentrée qui démarre sur les chapeaux de roues au Centre Pompidou ! Alors que l’art russe prend ses quartiers côté musée, la galerie fait place à l’œuvre du peintre belge René Magritte. Une rétrospective qui met en scène plus d’une centaine de peintures et de documents de l’artiste. On explore ainsi sa passion pour la philosophie. Derrière ses peintures aux apparences simplistes et aux noms originaux se cachent des questions existentielles bien plus profondes que Magritte va s’efforcer de percer. Magritte joue avec les apparences, met en évidence des représentations trompeuses du monde et des objets, même les plus banales, comme l’évoque son célèbre Ceci n’est pas une pipe, et illustre ce que l’artiste surréaliste nomme des « problèmes » philosophiques . L’exposition René Magritte, La trahison des images, où l’image se mélange avec le rêve, le visible avec l’invisible et l’évidence avec le mystère, est à découvrir dès maintenant au Centre Pompidou.

Magritte La trahison des image, au Centre Pompidou, Place Georges-Pompidou, 75004 Paris. Jusqu’au 23 janvier.

Luz dessine Albert Cohen

Un enfant juif rencontre la haine le jour de ses dix ans. J’ai été cet enfant. Albert Cohen, 1972. L'exposition Ô vous, frères humains du musée d'art et d'histoire du Judaïsme présente l'adaptation graphique par le dessinateur Luz de l'ouvrage du même nom d'Albert Cohen. Publié en 1972, ce récit retrace le traumatisme vécu par l'écrivain suisse en 1905, le jour de son dixième anniversaire, quand il est insulté de sale youpin par un camelot à Marseille. Cette découverte de l'antisémitisme sonnera comme une prise de conscience où se mélangent consternation, courroux et souffrance. Sa croyance en la fraternité humaine s'en trouvera à jamais ébranlée et, pourtant, prendra finalement les traits d'un manifeste humaniste et solidaire. L'ayant découvert dans son adolescence, Luz se saisit de ce récit autobiographique pour en délivrer une version personnelle à travers un roman graphique de 130 dessins. L'exposition présente les planches originales de l'album et rappelle l'attachement de l'ancien dessinateur de Charlie au thème de la perte de l'innocence depuis Catharsis, sa précédente œuvre qui retraçait son expérience des attentats du 7 janvier 2015.

«Ô vous, frères humains » Luz dessine Albert Cohen au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, jusqu'au 28 mai.

Tenue Correcte Exigée ! Quand le vêtement fait scandale 

Alors que le vêtement prolonge son étude avec l’exposition Anatomie d’une collection au Palais Galliera, le musée des Arts Décoratifs annonce la couleur avec Tenue Correcte Exigée ! Quand le vêtement fait scandale. Une exposition qui investit deux étages du musée des Arts Décoratifs et consacre ses espaces à la mode et ses transgressions. De la bible au blog, de Vionnet à Mc Queen, le vêtement habille et déshabille, se conjugue au féminin ou au masculin jusqu'à devenir unisexe, se conforme ou se déforme, mais ne laisse jamais indifférent ! Provoquant, subversif, innovant, laissez-vous porter par le vêtement dans  l’exposition Tenue Correcte Exigée  !

Tenue Correcte Exigée ! Quand le vêtement fait scandale, au musée des Arts Décoratifs.

Cy Twombly en vedette au Centre Pompidou

Blooming, 2001-2008, © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Fondazione Nicola Del Roscio © Photo: Studio Silvano, Gaeta

Cy Twombly au Centre Pompidou, une rétrospective inédite et monumentale qui nous immerge dans la multiplicité des techniques et des thèmes d'un des plus grands peintres abstraits américains de la seconde moitié du XXème siècle. Ses premiers dessins au crayon noir inspirés des arts primitifs dans les années 1950, ses peintures-écritures, son évolution dans les années 1960 vers l'utilisation plus systématique de la couleur, le mélange du crayon et de la peinture à partir des années 1990 ou l'influence de la mythologie gréco-romaine tout au long de sa carrière, tout y est ! Une œuvre empreinte d’histoire collective et personnelle, de la guerre de Troie à l'assassinat de JFK, et au brassage culturel puissant. Passage immanquable au cœur de l’exposition, une série complète de sculptures, réalisations souvent méconnues mais qui, grâce à une scénographie de talent, prennent vie au Centre Pompidou. Un socle commun à trois niveaux qui joue sur les volumes et les hauteurs et donne une visibilité propre pour chaque œuvre. Une présentation groupée face à un panorama parisien qui laisse sans voix.

Cy Twombly, au Centre Pompidou, jusqu'au 24 avril 2017.

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