Biennale des photographes du monde arabe à Paris. © Youcef Krache, 20 cents.

Les expositions font leur rentrée à Paris. La capitale culturelle renouvelle ses murs. Photographie, sculpture, peinture, street art… Tous les arts sont au rendez-vous des expositions de la rentrée à Paris. Galeries, musées et fondations accueillent de nouvelles œuvres. Les conseils d’expositions à Paris à ne surtout pas manquer sont ici

Biennale des photographes du monde arabe : 2ème édition

La Biennale des Photographes du Monde Arabe contemporain revient pour une deuxième édition parisienne. Une cinquantaine d’artistes exposés simultanément dans huit lieux culturels, l’Institut du Monde Arabe, la Maison Européenne de la Photographie, la Cité internationale des arts, la Mairie du 4ème, la Galerie Thierry Marlat, la Galerie Photo12, la Galerie Clémentine de la Féronnière et la Galerie Binôme. Avec un focus particulier porté, cette année, sur la Tunisie et l’Algérie, l'événement présente des travaux d’artistes issus autant de pays arabes que de photographes européens s’intéressant aux réalités multiples de ces territoires. Un panorama vaste et riche de récits, d’expériences et de recherches esthétiques mais aussi politiques à découvrir pour certaine jusqu’au 4 novembre.  

The Third image

© Sarah Naim - Mustapha Azeroual - Galerie Binome

The Third image à la Galerie Binôme expose un travail sur le thème de la lumière et du soleil et vous plonge dans les expérimentations conduites par les artistes Mustapha Azeroual et Sara Naim. Plusieurs installations réalisées avec le LESIA (Laboratoire d’Etudes Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique), pôle de l’Observatoire de Paris-Meudon. Des images d’archive qui se superposent et recréent une mouvement écliptique où des photographies du soleil se suivent et s’effacent les unes les autres, laissant la lumière se décomposer et se matérialiser avec poésie. A découvrir derrière l’épais rideau de la galerie Binôme.

The Third image à la Galerie Binôme, jusqu'au 14 octobre.

Ikbal/Arrivées, pour une nouvelle photographie algérienne 

sans titre © Abdo Shanan

Place à la jeune création avec l’exposition « Ikbal/Arrivées, pour une nouvelle photographie algérienne »  présentée à l’occasion de la Biennale des Photographes du Monde Arabe. Une exposition collective réunissant un vingtaine de photographes et près de 400 tirages. Sur les trois étages de la Cité de Arts se reflètent ainsi portraits et images de l’Algérie d’aujourd’hui. Scènes du quotidien, instants volés, portraits, les œuvres d’artistes tels que Karim Tidafi, Yassin Belahsene, Sihem Salhi ou Ramzy Bensaadi dressent le portrait d’un pays aux histoires et territoires infiniment variés.  

Ikbal/Arrivées, pour une nouvelle photographie algérienne, à la Cité Internationale des Arts jusqu'au 4 novembre

Xenia Nikolskaya à la MEP

Xenia Nikolskaya Villa Casdagli, Garden City, Série Dust, Cairo, 2010 © Xenia Nikolskaya. Courtesy l’artiste

Une expérience de l’histoire et du territoire retranscrite également dans le travail de la photographe russo-suédoise Xenia Nikolskaya qui immisce son objectif dans les lieux abandonnés d’Egypte. Images hors du temps où subsistent la magie de l’instant et la nostalgie du temps passé, la série Dust offre un regard extérieur sur des réalités tombées dans l’oubli. Une biennale qui réunit donc des regards croisés mais complémentaires témoignant de la diversité et de la complexité du monde arabe actuel.

Xenia Nikolskaya à la MEP, jusqu'au 29 octobre.

Daniel Aron « Intérieurs simples à Tanger »

Daniel Aron, Tableau — Série Tanger Intérieurs simples (1994 - 1997) © Courtesy Galerie Photo12

A la Photo Galerie 12, c’est le travail du photographe Daniel Aron et sa série « Intérieurs simples à Tanger » qui s’exposent. Ses photographies réalisées entre 1993 et 2004 posent un œil sur les foyers de Tanger. Du plus simple apparat émerge une beauté rare et témoigne d'une parenthèse où chaque objet trouve sa place. Une représentation du quotidien sublimée par la lumière et la simplicité avec lesquelles Daniel Aron immortalise ces habitats.

Daniel Aron « Intérieurs simples à Tanger », Photo Galerie 12, jusqu'au 12 novembre.

 

Caro/Jeunet à la Halle Saint-Pierre

Deux cinéastes visuels qui renouent avec les origines du Cinématographe, c’est comme ça que Marc Caro définit le duo qu’il forme avec Jean-Pierre Jeunet. Une immersion dans un monde créatif hors du commun qui ne pouvait s’exposer ailleurs que dans la singulière Halle Saint-Pierre. Quand l’un croque le papier, l’autre bricole de son côté, un tandem de choc qui s’exprime dans la réalisation de nombreux courts et longs métrages comme la Cité des enfants perdus ou Délicatessen. Du titi parisien Amélie Poulain à “la grosse machine” Alien, une douzaine de projets conduits ensemble ou séparément, et autant d’histoires et de personnages qui se racontent dans l’exposition Caro/Jeunet à la Halle Saint-Pierre. Une exposition qui plaira aux inconditionnels du réalisateur, mais qui laissera peut-être certains sur leur faim.

Caro/Jeunet à la Halle Saint-Pierre, jusqu'au 31 juillet 2018.

Turbulences dans les Balkans

Vue de l'exposition Turbulence dans les Balkans à la Halle Saint-Pierre

À l’étage et dans un tout autre registre, la Halle Saint-Pierre nous plonge dans son domaine de prédilection, l’art brut avec l’exposition Turbulences dans les Balkans. Une exposition collective qui réunit près d’une trentaine d’artistes aux médiums différents. Entre peinture, photographie et sculpture, Turbulences dans les Balkans nous immerge dans un foisonnement artistique imaginatif, poétique, irrationnel et immensément créatif qui donne à voir une autre vision du monde alentour.

Turbulences dans les Balkans, à la Halle Saint-Pierre, jusqu'au 31 juillet 2018.

Christian Dior, couturier du rêve

Vue de l'exposition Christian Dior, Couturier du rêve au musée des Arts Décoratifs 

Christian Dior, couturier du rêve, un titre évocateur et si bien trouvé pour ce rêve éveillé dans lequel nous embarque le musée des Arts Décoratifs. L’exposition évènement de cet été parisien, menée avec talent par les commissaires d’exposition Olivier Gabet, directeur du musée des Arts Décoratifs, et Florence Müller, historienne, nous invite à découvrir l’univers Dior jusqu’au 7 janvier 2018.

Une rétrospective grandiose et spectaculaire qui s’élance sur près de 3000 mètres carrés habillés par plus de 300 robes de haute couture. Pensée par thématique, l’exposition prend le pari de mélanger époque et style, un mélange des genres réussi nourri d’un précieux travail d’archivage. La ligne Dior épouse une silhouette inspirante, inspirée et redessinée au fil des directeurs artistiques à la tête de la maison de couture. Yves Saint-Laurent, Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons et Maria Grazia Chiuri, autant de grands noms qui prennent part au mythe. Un hommage à Christian Dior qui ne pouvait pas passer à côté de l’amour que portait le créateur à toutes les formes d’art et aux musées. Un dialogue permanent et des sources d’inspiration dans la peinture, le design et les objets d’art qui marque la signature de la maison. Une exposition de “mode” comme il est rare d’en voir, retraçant à la fois l’histoire d’un homme et d’une maison de couture devenue légendaire.

Christian Dior, Couturier du rêve, au musée des Arts Décoratifs, jusqu'au 28 janvier 2018.

Ed van der Elsken, La vie folle au Jeu de Paume

Du 13 juin au 24 septembre 2017, l’extravagance envahit le Jeu de Paume avec l’exposition Ed van der Elsken. La vie folle. Consacrée au photographe et cinéaste atypique néerlandais Ed van der Elsken, l’exposition exhibe une vaste sélection des œuvres que l’artiste réalisa tout au long du XXème siècle à Paris, Amsterdam, Tokyo ou encore Hong Kong. Une vie à arpenter les rues à l’affût de personnages originaux ou marginaux saisis à l’état brut dans une recherche d’un esthétisme artistique sans fard. Mais aussi un regard unique posé sur des modes de vie anticonformistes que l’artiste a largement partagé avec ses sujets artistiques. À découvrir, ses photographies bien sûr, mais aussi, entre autres, ses livres et des extraits de ses documentaires. L’exposition Ed van der Elsken. La vie folle, un doux vent de folie souffle sur le Jeu de Paume.

Ed van der Elsken, La vie folle au Jeu de Paume, jusqu'au 24 septembre.

David Hockney au Centre Pompidou

Portrait d’un artiste (Piscine avec deux personnages), 1972 © David Hockney Photo : Art Gallery of New South Wales / Jenni Carter

Du 21 juin 2017 au 23 octobre 2017, on plonge tête la première dans les œuvres du peintre britannique David Hockney. Une rétrospective conçue comme une immersion dans les œuvres majeures du peintre, dont la série la plus connue des piscines et sa toile A Bigger Splash. À ne pas manquer !

David Hockney au Centre Pompidou, jusqu'au 23 octobre 2017.

Ismaïl Bahri Jeu de Paume

Le Jeu de Paume donne carte blanche à Ismaïl Bahri pour sa première exposition d’envergure. L’exposition “Instruments” présente quelques-uns des travaux de l’artiste vidéaste et nous surprend avec trois œuvres inédites spécialement conçues pour l’occasion. Huit vidéos où Ismaïl Bahri met en valeur les thèmes qui lui sont chers comme, entre autres, la durée, le changement, le visible ou le mystère. Un regard neuf sur les objets et les sujets du quotidien mis en mouvement pour créer de courtes intrigues et donner libre cours à l’imagination et au sens du détail de l’artiste. Une exposition en perpétuelle activité qui tente le pari de partir de l’intime pour s’émanciper vers les paysages et les lumières extérieures. Un conseil, prenez le temps d’observer Foyer, un film réalisé en 2016 au cours duquel l’artiste colle une feuille de papier blanc devant la caméra et laisse libre court à la lumière. S’ensuivent des échanges avec les passants, Que fais-tu avec ta feuille? J’en fais un film. Une chorégraphie et une poésie de l’image où s'enchaînent les nuances de blanc. À voir. Instruments d'Ismaïl Bahri au Jeu de Paume, une première grande exposition du 13 juin au 24 septembre 2017 qui en appelle d’autres.

Ismaïl Bahri Instruments au Jeu de Paume, jusqu'au 24 septembre 2017.

Portraits de Cézanne au Musée D’Orsay

Vue de l'exposition Portraits de Cézanne. Paysan en blouse bleu, Cézanne, vers 1897 ou 1900, Fort Worth kimbell Art Museum. Crédit photo : ParisBouge.com.

Le Musée D’Orsay, à l’occasion de l’exposition “Portraits de Cézanne”, nous dévoile l’artiste majeur du XIXème siècle sous un visage moins connu, celui d’un Cézanne portraitiste. Un exercice particulier auquel le peintre français consacra plus de deux cents toiles, dont vingt-six autoportraits et vingt-neuf portraits de son épouse, Hortense Fiquet. Au fur et à mesure des visages se dessinent les recherches et variations du peintre sur un même sujet ; une manière d’explorer, de nuancer ou de confirmer son style artistique et ses méthodes picturales. Un parcours chronologique qui marque ses évolutions esthétiques mais qui renseigne également sur les personnages qui ont influencé son art et ses partis pris artistiques. Pour découvrir celui que Pablo Picasso qualifiait de notre père à tous sous un nouveau jour, direction l’exposition ‘Portraits de Cézanne” au Musée d’Orsay.

Portraits de Cézanne au Musée d’Orsay, jusqu'au 24 septembre 2017.

Derain, Balthus, Giacometti, une amitié artistique

André Derain, jeune femme pelant une pomme, 1938-1939. Buffalo, collection Albright-Knox Art Gallery © ADAGP, Paris 2017

Derain, Balthus, Giacometti, trois noms, trois figures qui résonnent dans l’histoire de l’art et une profonde amitié qui se dévoile entre les murs du Musée d’Art moderne de la ville de Paris. Au delà du simple cadre de leurs rapports humains, l’exposition du MAM tente le pari d’organiser l’exposition autour de la même fibre esthétique qui les animait. 350 œuvres retracent ainsi au fil des salles leur histoire commune, de leur rencontre dans les années 1930 aux milieux artistiques qu’ils fréquentaient en passant bien sûr par leur même attention à la réalité qui les entourait. Un parcours en huit étapes qui met en lumière les influences, les connaissances, les thématiques et les interrogations qu’ils partageaient. Derain, Balthus, Giacometti, une amitié artistique au MAM de Paris, quand l’amitié devient art.

Derain, Balthus, Giacometti, une amitié artistiqu au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, jusqu’au 29 octobre 2017

Medusa, les bijoux s'exposent au MAM

Anonyme (culture Quimbaya, Colombie), Ornement de nez [nariguera], 800-1200
Or © Musée du quai Branly - Jacques Chirac - © ADAGP, Paris 2017


Le bijou s’expose au Musée d’Art moderne de la ville de Paris du 19 mai au 5 novembre 2017 avec Medusa, une exposition événement dans la sphère parisienne qui met en avant plus de 400 pièces d’artistes, de bijoutiers pionniers et contemporains, de designers, de joailliers ou simplement d’inconnus de toute époque et de tout continent. On y croise les créations, parmi tant d’autres, de Cartier, Vivienne Westwood, Niki de Saint Phalle, Man Ray ou René Lalique dans un parcours articulé autour de quatre thématiques, l’identité, la valeur, le corps et le rite, qui déconstruisent chacune à leur manière les clichés et les mythes autour des bijoux. Parmi les bijoux plus clinquants, les parures du musicien Liberace, figure de Vegas dans les années 50/70, montre et bague piano (The Jewelers of Las Vegas par Mordechai Yerushalmi) couvertes de diamants brillent à côté du mythique gant en sequins du roi de la pop, Michael Jackson. L’exposition Medusa, un regard inédit sur le bijou qui dévoile néanmoins les aspects subversifs ou inhabituels des bijoux, comme dans la pièce secrète dédiée aux bijoux érotiques, à découvrir derrière un rideau noir. Medusa au Musée d’Art moderne, une exposition sur le bijou au-delà des apparences !

Medusa au Musée d’Art moderne de la ville de Paris, jusqu'au 5 novembre 2017.

La pierre sacrée des Māori

Pekapeka (pendentif). Gift of Robert Coddington, 2007.© Kura Pounamu marketing images Te Papa Museum of New Zealand Te Papa Tongarewa 

Alors que l’exposition Picasso Primitif bat son plein, le Musée du quai Branly nous embarque sur la piste de l’or vert, le pounamu en māori, plus connu sous le nom de pierre de jade, la pierre sacrée du peuple néo-zélandais des Māori. Une exposition qui présente sculptures, objets taillés et pendentifs en jade, matériau entouré de croyances et de mythes et investi par les Māori d’une force magique et divine. Une pierre noble qui incarne l’héritage et les traditions māori perpétuées de génération en génération depuis des siècles. À découvrir du 23 mai au 1er octobre 2017 sur la mezzanine Est du musée du Quai Branly.

La pierre sacrée des Māori au musée du quai Branly Jacques Chirac jusqu'au 1 octobre.

Pierre-Joseph Redouté, le pouvoir des fleurs

vue de l'exposition Pierre-Joseph Redouté au Musée de la Vie Romantique

Du 26 avril au 1er octobre 2017, le Musée de la Vie romantique présente “Le pouvoir des fleurs”, exposition inédite consacrée à l’œuvre de Pierre-Joseph Redouté, figure majeure de la peinture florale du début du XIXème siècle surnommé le « Raphaël des Fleurs ». Une première en France pour ce peintre botaniste qui illustra de ses aquarelles sur vélin les recueils des naturalistes les plus importants de son temps tout en collaborant à identifier et catégoriser les nouvelles plantes de l’époque importées des quatre coins du monde. Le pouvoir des fleurs, Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), quand l’art rencontre la science au Musée de la Vie romantique.

À fleurs d'ateliers, parcours métiers d'art

Christine Coste, L'assaut, 2010. Crédit photo : Tiphaine Dubled / ParisBouge.com.

On poursuit la visite dans la deuxième partie du musée qui invite la création contemporaine à végétaliser l’espace. Telle une maison laissée à l’abandon, la nature reprend ses droits et s’invite sur les murs et mobiliers du musée. Un parcours contemporain des métiers d’art, ayant pour thème le motif floral, qui investit les espaces de la collection permanente du Musée de la Vie romantique et son jardin.

Pierre-Joseph Redouté, le pouvoir des fleurs et À fleurs d'ateliers, parcours métiers d'art au Musée de la Vie romantique. Jusqu'au 1er octobre 2017.

ParisBouge.com