peter campus, dor, 1975. Installation à la Bykert Gallery, New York, 1975. Photo Bevan Davies, courtesy Paula Cooper Gallery © Peter Campus 2017

Les expositions font leur rentrée à Paris. La capitale culturelle renouvelle ses murs. Photographie, sculpture, peinture, street art… Tous les arts sont au rendez-vous des expositions de la rentrée à Paris. Galeries, musées et fondations accueillent de nouvelles œuvres. Sans plus tarder, voici les expositions à Paris à ne pas laisser filer ce mois-ci.

Peter Campus au Jeu de Paume

Peter Campus, Set of Coincidence, 1974, vidéo couleur, son, 13 min 24 s. Courtesy de l’artiste et de la Cristin Tierney Gallery © Peter Campus 2017

Du 14 février au 28 mai 2017, le Jeu de Paume innove en présentant la première exposition française consacrée à l'œuvre de Peter Campus, Peter Campus, video ergo sum. Pionnier avant l'heure de l'art vidéo, Peter Campus propose dès les années 1970 des installations vidéo originales en circuit fermé où le spectateur devient acteur grâce à des techniques de transmission instantanée de l'image. Le visiteur interagit avec les installations et se perçoit à travers des images déformées qui se superposent, s'éloignent, se multiplient selon sa position, comme dans ses œuvres fondatrices Optical Sockets ou Interface. Peter Campus, video ergo sum, l'occasion aussi de découvrir les travaux plus récents de l'artiste, réalisés à partir de 1996 et influencés par les nouvelles technologies tels que le numérique ou l'ultra haute définition. Une énième manière pour Peter Campus de plonger les curieux dans des mondes où les visions et les perceptions perdent leurs repères.

Peter Campus, video ergo sum au Jeu de Paume, jusqu'au 28 mai 2017.

Eli Lotar rétrospective au Jeu de Paume 

Eli Lotar, Dormeuse, Espagne, quatrième voyage, février 1936, collection Centre Pompidou, Paris, MNAM-CCI © Eli Lotar

À partir du 14 février le Jeu de Paume nous invite à découvrir l’œuvre du photographe et cinéaste français d'origine roumaine Eli Lotar. L'exposition Eli Lotar (1905-1969) rend compte par une centaine de tirages ; de documents et de films d'époque du talent, de la créativité et des passions de l'artiste. Aguerri aux techniques de la photographie moderne par Germaine Krull, il s'en démarque néanmoins rapidement pour explorer avec brio de nouveaux points de vue ou des sujets originaux. Curieux de son époque, il n'hésite pas à figer le monde urbain et industriel parisien ou les nouveaux objets qui lui sont contemporains, tout autant qu'à s'investir dans des projets collectifs en collaboration avec des artistes engagés comme le poète Jacques Prévert ou le cinéaste Joris Ivens. Eli Lotar (1905-1969) au Jeu de Paume, une épopée cinématographique et photographique à travers l'œil d'un artiste unique.

Eli Lotar (1905-1969) au Jeu de Paume, jusqu'au 28 mai 2017.

Nouvelle saison au Palais de Tokyo

Attitutes, Marie Lund. Vue de l’exposition « Sous le regard de machines pleines d’amour et de grâce »,  Palais de Tokyo (03.02 – 08.05.2017). Photo : Aurélien Mole. 

Le Palais de Tokyo revient avec une saison riche en toute chose, Sous le regard de machines pleines d’amour et de grâce, une exposition collective qui met à l'honneur des artistes qui questionnent les influences de notre système économique capitaliste et des nouvelles technologies sur nos ressentis et nos émotions. Un parcours divisé en cinq “zones affectives” rythmé de jeux de lumière, on déambule dans le labyrinthe du quotidien de Pedro Barateiro pour découvrir plus loin, exposées là, les coquilles vides de Marie Lund qui déshabillent l’humain, l’animal et le végétal pour en extraire leur carapace.

Sous le regard de machines pleines d’amour et de grâce au Palais de Tokyo, jusqu'au 8 mai 2017.

Abraham Poincheval 

Vue de l’exposition d’Abraham Poincheval, Palais de Tokyo (03.02 – 08.05.2017). Courtesy de l’artiste et Galerie Semiose (Paris) Photo : Aurélien Mole.

Un homme à la mer, la bouteille vide d’Abraham Poincheval est venue s’échouer à l’entrée du Palais de Tokyo. Le performeur investit le palais de ses sculptures habitables les plus impressionnantes et récidive en proposant deux performances inédites pour cette saison. Interroger notre interaction avec le monde des choses, Pierre présente une immersion expérimentale d'une semaine à partir du 22 février dans un rocher calcaire spécialement taillé pour épouser la silhouette de l'artiste. Œuf, installation surréaliste, met en œuvre Abraham Poincheval couvant des œufs de poule en gestation grâce à un manteau traditionnel coréen réalisé par l’artiste Seulgi Lee. Deux rendez-vous avec le performeur de l’extrême à ne surtout pas manquer.

Abraham Poincheval, au Palais de Tokyo, jusqu'au 8 mai 2017.

Gao Bo à la Maison Européenne de la Photographie

© BoSTUDIO. Photo by Ma Xiaochun

L'exposition Les Offrandes à la Maison Européenne de la Photographie honore le travail de l'artiste chinois Gao Bo. Une grande rétrospective, la première en Europe, qui revient sur plus de trente ans d'une carrière de création, de destruction et de réinvention permanente. De ses clichés tirés de ses voyages au Tibet qui figent les rites bouddhistes ou la vie spirituelle de la population à son évolution artistique plus récente vers des processus créatifs à la frontière de la performance, Gao Bo investit les salles de la Maison Européenne de la Photographie jusqu’au 9 avril 2017.

Gao Bo, Les Offrandes, à La Maison Européenne de la Photographie jusqu’au 9 avril 2017.

Vincent Perez, Identités à la MEP

VP03 © Vincent Perez

La Maison Européenne de la Photographie ouvre à partir du 8 février un cycle consacré au comédien, réalisateur et photographe Vincent Perez. Outre la projection de trois des longs métrages qu'il a réalisés, la MEP présente deux séries de portraits du photographe, Les Parisiens et Les Russes, ayant pour fil conducteur un thème cher à l’artiste, l’identité et la diversité culturelle.

Vincent Perez, Identités à La Maison Européenne de la Photographie, jusqu’au 9 avril 2017.

The Fountain Archives Saâdane Afif au Centre Pompidou

Fontaine, ready made iconique de Marcel Duchamp, fête ses cent ans. Pour l'occasion, le Centre Pompidou lui rend hommage à travers l'exposition The Fountain Archives 2008-2017. Issue de la collecte par l'artiste Saâdane Afif d'une multitude de publications, de photographies et de pages arrachées qui utilisent une reproduction de Fontaine, la collection présentée donne à voir comment se construit la légende d'une œuvre désormais figure mythique de l'histoire de l'art. Chaque page devient une partie de la nouvelle œuvre de Saâdane Afif composée par les images reproduites de Fontaine et participe à mettre en abîme la médiation du chef d'œuvre de Duchamp dans la société.

Dans la continuité de sa première œuvre, Saâdane Afif expose aussi des pages arrachées mises sous cadre reprenant les commentaires et les articles qui ont traité de son projet et les publications dont il a utilisé les extraits pour réaliser son œuvre, présentées sous vitrine. The Fountain Archives, une exposition originale qui montre comme l'art ne meurt jamais par les réappropriations dont il est l'objet.

Saâdane Afif, The Fountain Archives 2008-2017 au Centre Pompidou jusqu’au 30 avril 2017. 

Festival Circulation(s) au 104

Veteran  © Sasha Maslov 

Circulation(s), le festival dédié à la photographie européenne, dévoile ses tirages du 21 janvier au 5 mars au 104 et à la Gare de l’Est. Un focus sur les jeunes talents européens qui nous donne un regard sur des sujets majeurs comme l'immigration ou le terrorisme et détourne au passage les codes de l’histoire de l’art. Even this will pass, série de la photographe Aida Silvestri, témoigne des expériences de réfugiés érythréens au Royaume-Uni. Des silhouettes sur fond de portraits sur lesquelles se brodent les chemins empruntés par les migrants. Une cicatrice apparente qui fait écho aux drames qui se jouent à nos frontières. Direction Island of Colorblind, une installation sensorielle réalisée par l’artiste belge Sanne de Wilde. Sur l’île de Pingelap, tous les habitants sont daltoniens et voient principalement le monde en noir et blanc. L’artiste nous propose d’inverser les rôles et nous montre le monde à travers les yeux de ces habitants. A voir absolument ! Le Festival Circulation(s), c’est aussi l’occasion de se faire tirer le portrait ! Seul, en famille ou entre amis, ça se passe tous les week-ends au Studio Photo du 104 (59€ la séance sur inscription).

Festival Circulation(s),  du 21 janvier au 5 mars 2017 au 104.

Le Graphic Design Festival : le graphisme en fête 

Le Graphic Design Festival débute cette semaine à Paris ! Le Graphic Design Festival se multiplie et s'impose comme un des rendez-vous incontournables du design graphique, autant pour les curieux que pour les professionnels. Expositions, conférences, rencontres, un festival en quatre temps à découvrir du 25 janvier au 22 février à Paris. Hors les murs, les affiches des sélectionnés par le jury du Graphic Design Festival habillent les rue de Paris, Londres et New-York. Au musée des Arts décoratifs, huit cartes blanches mettent en lumière la multiplicité des techniques et des pratiques du design graphique. Typographie, identité et communication visuelles et autant de thématiques qui viennent questionner l’art de transmettre un message. Des projets innovants et originaux qui nous font découvrir le travail d’Air poster, l’art de la signalétique ou comment Rendre l’orientation plus intuitive par Arep Design Lab ou vivre un safari typo avec Films D’Ici. Une exposition gratuite et ouverte à tous jusqu’au 22 février au Musée des Arts Décoratifs.

Le Graphic Design Festival, au musée des Arts Décoratifs, jusqu'au 22 février.  

Tenue Correcte Exigée ! Quand le vêtement fait scandale 

Alors que le vêtement prolonge son étude avec l’exposition Anatomie d’une collection au Palais Galliera, le musée des Arts Décoratifs annonce la couleur avec Tenue Correcte Exigée ! Quand le vêtement fait scandale. Une exposition qui investit deux étages du musée des Arts Décoratifs et consacre ses espaces à la mode et ses transgressions. De la bible au blog, de Vionnet à Mc Queen, le vêtement habille et déshabille, se conjugue au féminin ou au masculin jusqu'à devenir unisexe, se conforme ou se déforme, mais ne laisse jamais indifférent ! Provoquant, subversif, innovant, laissez-vous porter par le vêtement dans  l’exposition Tenue Correcte Exigée  !

Tenue Correcte Exigée ! Quand le vêtement fait scandale, au musée des Arts Décoratifs.

Cy Twombly en vedette au Centre Pompidou

Blooming, 2001-2008, © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Fondazione Nicola Del Roscio © Photo: Studio Silvano, Gaeta

Cy Twombly au Centre Pompidou, une rétrospective inédite et monumentale qui nous immerge dans la multiplicité des techniques et des thèmes d'un des plus grands peintres abstraits américains de la seconde moitié du XXème siècle. Ses premiers dessins au crayon noir inspirés des arts primitifs dans les années 1950, ses peintures-écritures, son évolution dans les années 1960 vers l'utilisation plus systématique de la couleur, le mélange du crayon et de la peinture à partir des années 1990 ou l'influence de la mythologie gréco-romaine tout au long de sa carrière, tout y est ! Une œuvre empreinte d’histoire collective et personnelle, de la guerre de Troie à l'assassinat de JFK, et au brassage culturel puissant. Passage immanquable au cœur de l’exposition, une série complète de sculptures, réalisations souvent méconnues mais qui, grâce à une scénographie de talent, prennent vie au Centre Pompidou. Un socle commun à trois niveaux qui joue sur les volumes et les hauteurs et donne une visibilité propre pour chaque œuvre. Une présentation groupée face à un panorama parisien qui laisse sans voix.

Cy Twombly, au Centre Pompidou, jusqu'au 24 avril 2017.

Luz dessine Albert Cohen

Un enfant juif rencontre la haine le jour de ses dix ans. J’ai été cet enfant. Albert Cohen, 1972. L'exposition Ô vous, frères humains du musée d'art et d'histoire du Judaïsme présente l'adaptation graphique par le dessinateur Luz de l'ouvrage du même nom d'Albert Cohen. Publié en 1972, ce récit retrace le traumatisme vécu par l'écrivain suisse en 1905, le jour de son dixième anniversaire, quand il est insulté de sale youpin par un camelot à Marseille. Cette découverte de l'antisémitisme sonnera comme une prise de conscience où se mélangent consternation, courroux et souffrance. Sa croyance en la fraternité humaine s'en trouvera à jamais ébranlée et, pourtant, prendra finalement les traits d'un manifeste humaniste et solidaire. L'ayant découvert dans son adolescence, Luz se saisit de ce récit autobiographique pour en délivrer une version personnelle à travers un roman graphique de 130 dessins. L'exposition présente les planches originales de l'album et rappelle l'attachement de l'ancien dessinateur de Charlie au thème de la perte de l'innocence depuis Catharsis, sa précédente œuvre qui retraçait son expérience des attentats du 7 janvier 2015.

«Ô vous, frères humains » Luz dessine Albert Cohen au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, jusqu'au 28 mai.

Éclectique et Du Jourdain au Congo au Quai Branly

© musée du quai Branly, photo Gautier Deblonde, Éclectique, une collection du XXIème siècle.

L’exposition Éclectique, une collection du XXIe siècle met à l'honneur une partie de la collection du mécène Marc Ladreit de Lacharrière réunissant des œuvres africaines et océaniennes issues, entre autres, de l'art fang, baoulé ou dogon. Une scénographie où les œuvres d'art de différentes civilisations se font face et l'art devient le trait d'union imaginaire qui fait dialoguer leurs cultures.

Éclectique, une collection du XXIe siècle, au Musée du Quai Branly Jacques Chirac jusqu’au 2 avril 2017.

L'exposition Du Jourdain au Congo, art et christianisme en Afrique centrale présente une centaine d'œuvres inspirées par des objets introduits par les missionnaires catholiques au sein de la culture Kongo. Une manière de saisir les relations de pouvoir à l'œuvre de la période coloniale jusqu'au XXe siècle, l'influence des représentations chrétiennes mais surtout leur réappropriation par l'art Kongo, figure d'affranchissement vis-à-vis de l'oppression coloniale.

Du Jourdain au Congo, art et christianisme en Afrique centrale, jusqu’au 2 avril 2017. 

La France d’Avedon : Vieux monde et new look à la BNF

Harper’s Bazaar, mars 1959: Marc Chagall,  Francis Poulenc, François Mauriac .Photograph by Richard Avedon. © The Richard Avedon Foundation / Credit: Previously published by Harper’s Bazaar magazine. Reprinted with permission of Hearst Communications, Inc.

La France de Richard Avedon se parcourt à la BNF à partir du 18 octobre et jusqu’au 26 février 2017. Une rétrospective qui va au-delà de la figure traditionnelle associée au photographe américain, connu pour avoir laissé son empreinte dans le monde de la mode à travers les photos qu'il réalisa chez Harper's Bazaar et Vogue. Sa conception de la photographie comme un art impur en constante conversation avec d’autres formes artistiques tels que le cinéma, la littérature ou le graphisme témoigne d’une richesse plus complexe de son œuvre. Elle s'incarne dans sa vision de la France d'après guerre et prend les traits de Catherine Deneuve, de duos impromptus en compagnie de la Tour Eiffel de François Truffaut, Jean Anouilh, Jacques Tati et Marc Chagall ou d’Audrey Hepburn et son rôle de mannequin fraîchement débarquée dans la capitale avec le film Funny Face.

La France d’Avedon : Vieux monde et new look , à la BNF, Quai François Mauriac, 75706 Paris. Jusqu’au 26 février 2017.

Bernard Buffet : exposition événement au MAM

Vingt mille lieues sous les mers, Le Poulpe géant, © Fonds de dotation Bernard Buffet © ADAGP, Paris 2016

Bernard Buffet, peintre français des plus célèbres mais aussi des plus controversés du XXe siècle, tient l’affiche d’une rétrospective au Musée d’Art Moderne. Une première pour ce peintre dont l’œuvre fût un temps passée sous silence par la critique car jugée trop déroutante. Un style marqué et unique où la toile prend vie et se pare de reliefs dans un geste qui va jusqu'à graver le support. Mais aussi des thèmes singuliers, telles que la religion, la littérature ou l’histoire, que Bernard Buffet n'aura eu de cesse d’explorer et de revisiter tout au long de sa carrière. Une exposition à ne pas manquer et l’occasion de découvrir les deux autres expositions du MAM, Carl Andre et Eva et Adèle.

Bernard Buffet, au musée d'art moderne de la ville de Paris, 11 Avenue du Président Wilson, 75116 Paris. Jusqu’au 5 mars 2017.

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