La Halle Papin, lieu underground à Paris. Crédit photo : Guillaume Saintives.

Aujourd’hui, on trouve quoi dans le Paris underground ? Outre les grosses productions, plus si underground que ça, façon Grand Train, Paris compte bon nombre de plus petits lieux, moins visibles où la culture alternative a aussi son mot à dire. Parfois éphémères, souvent prêtés par la SNCF, les lieux underground à Paris concernent l’art, les soirées comme la restauration. Petit tour du Paris underground en quelques adresses.

À l’usine : La Halle Papin

Crédit photo : Guillaume Saintives.

Le collectif Soukmachines, déjà à l’origine de fêtes au 6B et d’un lieu éphémère l’été dernier, le Pavillon du Docteur Pierre, récidive cette année. La Halle Papin, ancienne usine sous verrière située à Pantin est passée de friche industrielle squattée au statut de lieu culturel interactif et pluriel. Les ateliers d’artistes en résidences se mêlent aux expos ouvertes au public et aux salles de répétitions de théâtre, danse, musique… 850m2 de jardin ambiance biergarten s’ouvrent sur un bar, un préau et plusieurs scènes de concert. Les petits prix de cette friche culturelle font battre les grosses fêtes et les grandes bouffes. Meilleure surprise annuelle au rayon Paris underground.

La Halle Papin, 62 rue Denis Papin, 93500 Pantin.

En gare : Ground Control 

Crédit photo : Tiphaine Dubled / ParisBouge.com

Ground Control, nouvelle saison et nouvelle maison ! La joyeuse équipe du Ground Control quitte le 18ème et son Grand Train pour un nouvel espace tout aussi cool, rue Charolais dans le 12ème. Voilà déjà quatre ans que Ground Control rythme nos soirées et week-ends à l’arrivée des beaux jours. Et cette année encore, direction le Ground Control et sa maxi terrasse à ciel ouvert de 1500m2 avec tables, transats et même une baignoire ! Pour se ravitailler, du cocktail à la pinte en passant par la food, direction les baraques et les foodbus garés pour l’occasion.

Ground Control, 81 rue Charolais, 75012 Paris.

Dans un restaurant, sous le périph : Freegan Pony

Crédit photo : Jacob Khrist | hans lucas.

Initié l’hiver dernier en lieu et place de l’ancien Péripate, club alternatif sous le périphérique parisien, le Freegan Pony ouvre son hangar Porte de la Villette. En bon restaurant alternatif, on y mange pour 6 euros entrée-plat-dessert, une cuisine végétale faite avec des produits récupérés dans des magasins bio à Paris. Chaque soir, un cuisto imagine et chapote le menu secondé par une troupe de bénévoles qui s’active dans la cuisine ouverte faite de bric et de broc, pour servir le repas à une quarantaine de personnes. On s’y inscrit à l’avance, mais l’endroit est ouvert à tous les publics. Le projet, initié par une des têtes du Paris underground, Aladdin Charni (ex Pipi Caca, Péripate), qui devait fermer ses portes, a obtenu une autorisation de la mairie de Paris pour continuer à squatter les lieux.

Le Freegan Pony, Place Auguste Baron, 75019 Paris. Réouverture à venir.

À l’hôpital : Les Grands Voisins

Crédit photo : Tiphaine Dubled / ParisBouge.com. 

Comment transformer la friche d’un hôpital parisien en parfait centre culturel et alternatif ? Sûrement qu’Aurore, l’asso Plateau Urbain et Yes we camp ont la réponse. Avec leurs Grands Voisins, friche culturelle installée dans l’hôpital Saint Vincent de Paul, ils inventent un lieu de détente ultime et attractif dans le sud parisien. Ateliers de créateurs accompagnés de leurs petites boutiques, jardinier fleuriste, coin brocante, grand restaurant avec terrasse, centre d’hébergement proposant des nuits en tente ou hamac pour pas cher… Le lieu accueille même une pépinière d’entreprise. Tout autour, les allées de l’hôpital sont squattées de petits salons de jardin où il fait bon vivre l’été. Un petit air de ruins bars made in Budapest, version Paris underground, sage donc. 

Les Grands Voisins, 82 avenue Denfert Rochereau, 75014 Paris. Ouvert du mercredi au samedi de 10h à 23h et le dimanche de 10h à 21h.

Dans une ancienne entreprise : Mains d’œuvres

Crédit photo : Vinciane Verguethen.

Dans l’ancien centre social et sportif de l’entreprise Valéo, délocalisée depuis, le centre culturel alternatif Mains d’œuvres a pris ses quartiers depuis 2001. 4000m2 de culture, toutes formes artistiques mélangées, concerts, expos, spectacles, ateliers, rencontres… collés aux puces de Saint-Ouen, protégées par le patrimoine. On y croise un peu de tout le monde, en journée comme en soirée. L’endroit est convivial et accueillant à l’image de son quartier.

Mains d'œuvres, 1 rue Charles Garnier, 93400 Saint-Ouen. Ouvert en semaine de 10h à minuit et le week-end jusqu'à 22h.

En compagnie de moutons dans une ferme : La Ferme du bonheur

Crédit photo : Laure Chichmanov.

Dans le Nanterre de bitume pas attrayant du tout, entre deux autoroutes, une prison et un dépôt pétrolier, s’installe une ferme. Le genre de ferme dans laquelle on trouve des moutons et cochons, mais pas seulement. À la Ferme du Bonheur, lieu de vie communautaire, les bals électroniques, pièces de théâtre et piscines naturelles faites de bottes de foin recouvertes de bâches sont monnaie courante. La friche culturelle invite à faire la fête en journée (au max jusqu’à minuit), la musique et les grandes idées de la Mamie’s animent le lieu, entre électro, hamacs, méchouis d’agneau de Nanterre et autres délicieuses excentricités campagnardes, à Paris (enfin presque).

La Ferme du Bonheur, 220 avenue de la République, 92000 Nanterre. Ouvert tous les week-ends à horaires variables.

Sur une (genre de) plage : le 6B

Crédit photo : Cyber Ceb.

Lieu de création artistique depuis 2010, le 6B prête ses murs à 161 résidents sur une surface totale de 7 000 mètres carrés. Qu’ils soient architectes, artistes, artisans, cinéastes, graphistes, travailleurs sociaux… Outre ses ateliers, la friche a un espace d’expo, une salle de projection, une salle de danse, un resto associatif : de quoi représenter toutes les matières culturelles hébergées par le centre. En plus, l’été s’ouvre une plage le long du canal pour des journées/soirées électro sous le signe du Paris underground. Un festival revient chaque année, La Fabrique à Rêves.

La plage du 6B, 6-10 quai de Seine, 93200 Saint-Denis. Jusqu'au 1er octobre. 

Version club en bord de Seine : Nuits Fauves

Crédit photo : Maxime Chermat.

Sous le Wanderlust, le groupe Manifesto (aussi Social Club, Silencio), place son quatrième club dans le Paris underground. Après un club ultra select et un autre connu pour la largeur de sa terrasse, vient celui des Nuits Fauves. Il a vu le jour au début de l’été, dans les sous-sols trop peu exploités de la Cité de la Mode et du Design, pile en-dessous de son grand frère le Wanderlust. Côté style, rien à voir avec son voisin du dessus. Ses 700m2 carrés d’espace, entre terrasse et garage de béton sont designés par le collectif BALD studio et Jean André. Affiches placardées aux murs avec des slogans comme Your god won’t see you here pour une ambiance très 90’s. Look berlinois de circonstance et programmation musicale à la hauteur, entre techno et électro, orchestrée par la Rafinerie.

Le club Nuits Fauves, 34 quai d'Austerlitz, 75013 Paris. Ouvert toute la nuit du mercredi au samedi.

Dans une maisonnette, ancien bistrot : La Petite Maison

Crédit photo : Jane Roussel / ParisBouge.com.

Ancien garage, puis bistrot du siècle précédent, la Petite Maison se trouve dans le 11ème arrondissement. La Petite Maison est un lieu alternatif et hybride où vivent plusieurs artistes. Certains après-midis, on peut participer à des ateliers et visiter l’endroit peint de la tête aux pieds. Dans la cour, autour du salon de jardin, fait de meubles de récup, les personnages extraordinaires du graffeur Bolt parcourent les murs. Des concerts et soirées sont organisés par La Petite Maison avec participation libre à l’entrée.

La Petite Maison, 8 rue Godefroy Cavaignac, 75011 Paris. Ouverture en fonction des événements toute l'année.

En gare 2 : La station - Gare des Mines

Crédit photo : Gaëlle Matata.

Ancienne gare à charbon désaffectée, la Station Gare des Mines est occupée par le collectif MU depuis 2002. La démarche Sites Artistiques Temporaires de la SNCF est à l’origine de ce lieu culturel alternatif du 18ème arrondissement, et de pas mal d'autres spots du Paris underground d'ailleurs. Résidences d’artistes, ateliers et expos côtoient les concerts et le laboratoire musical de scènes émergentes initié par la Station. L’été, la friche se transforme même en club underground à ciel ouvert. En plus, on y assiste à des festivals de films et courts métrages.

La Station, 29 avenue de la Porte d'Aubervilliers, 75018 Paris. Ouvert du mercredi du samedi, de 18h30 à 1h30, le samedi à partir de 17h et le dimanche jusqu'à minuit.

ParisBouge.com