Niní est un bistrot italo-français qui mêle produits de saison d’ici et héritage transalpin dans des assiettes nettes, lisibles et sans fioritures. En cuisine, Fabio-Massimo Liuzza, originaire de Rome et passé par Londres, Oxford, Copenhague (Brace) puis Paris, travaille une partition ancrée en France avec un cœur italien assumé. Le registre est végétal en bonne place, sans oublier abats de viande ou de poisson, amertume maîtrisée et acidité bien dosée, le tout fait maison jusqu’aux condiments. Le soir, la carte convient aux partisans des assiettes à partager comme de l’entrée-plat-dessert : sériole au pesto trapanese avec fenouil et kumquat, céleri-rave fumé au parmesan, ail noir et noisette, croquettes de lapin à la sauce cacciatora et raifort, fettucine à la vignarola romana et pecorino, ou échine de cochon au romesco de betterave, oignon de Tropea et salsa verde; côté sucré, une brioche perdue façon tiramisu conclut le repas. À midi, Niní affiche plus franchement ses racines avec pâtes et classiques revisités : vitello tonnato aux radis et câpres, pappa al pomodoro avec stracciatella et roquette, ou orzetto à l’ail des ours, ricotta de chèvre et asperges. En salle, Victor Kalczuga orchestre une cave portée sur les vins vivants, majoritairement français avec des détours en Italie : Jura, Languedoc, Corse, Bourgogne côtoient quelques étiquettes siciliennes. La salle lumineuse assemble détails industriels, matériaux sobres et codes bistrotiers, pour un décor discret où la cave dialogue avec la cuisine. Niní vise une expérience claire et chaleureuse, pensée pour laisser parler les assiettes et le verre.
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