date et heure
du à 20:00
au vendredi 16 avril 2010 à 00:00
adresse
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24,20 €
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Après treize ans de carrière, sept albums, cinq maxis, et des centaines de concerts sur plusieurs continents, vous pensez forcément connaître Zenzile par cœur? Pourtant, si vous les suivez vraiment depuis leurs débuts, vous savez probablement une seule chose : on ne peut absolument pas prévoir à quoi ressemblera un nouvel album des Angevins avant de l'avoir écouté.
Car, plutôt que de s'enfermer dans une chapelle musicale précise, le quintette a toujours préféré se concentrer sur un son ample et chaleureux, devenu depuis une véritable marque de fabrique, avec une basse qui emporte tout sur son passage et des guitares qui s'envolent. Depuis le début, Zenzile s'amuse ainsi avec les mêmes ingrédients (post punk, dub, folk, rock planant, soul jazz...) tout en variant savamment les dosages à chaque nouveau disque pour donner sa saveur finale à telle ou telle sortie.
Pour ce «Pawn Shop», les Angevins ont laissé plus que jamais libre cours à leurs tentations «pop». A prendre au sens formel du terme bien sûr. Seuls deux instrumentaux resurgissent en effet d'une vie antérieure, sinon les huit autres titres sont portés par les chants des vieux complices Jamika Ajalon et David K. Alderman (Warehouse), et ce dans des registres où on ne les imaginait pas nécessairement. Ce huitième album studio se veut donc plus serein que son prédécesseur, «Living In Monochrome», pour lequel le groupe s'était alors senti le besoin de laisser gronder les guitares. Aujourd'hui, Zenzile semble avoir trouvé le juste équilibre entre simplicité et exigence. Les cordes et les claviers, plus présents que jamais, sont ainsi à la base de mélodies que le groupe n'osait peut-être pas par le passé.
Visiblement décomplexés, les Angevins tutoient désormais librement les vieux démons échappés des vinyles de leur adolescence. Orgues fantomatiques, guitares osseuses, basse rampante, le spectre de Bela Lugosi, pourtant dead comme le chantait Bauhaus, plane parfois insidieusement sur ce disque, aussi hanté par les souvenirs fiévreux de ESG, Pink Floyd, Nick Cave ou PIL... Mais tout ici est assumé, digéré, sublimé.
Et c'est probablement ce qui rend ce disque si cohérent. Malgré la variété des couleurs du track-listing, jamais on n'a l'impression de perdre le fil. Chaque titre a sa place, et il y a une place pour chaque titre. Du très gainsbourien «Mind Over Matter» au dansant et poppy «Fire Eater», en passant par le majestueux «Histoire De Papiers» ou le dérangé «Crooked Man», on sent que le sujet est maîtrisé de bout en bout.
Le groupe se permet même un final remarquable avec un «Thursday Night Rover Disco» -où la voix blanche de Alderman rappelle celle de son compatriote gallois John Cale (du Velvet Underground)- qui nous amène tout naturellement à ce «Caution Horses» où le chanteur se lance alors dans la longue ascension d'un superbe post-folk flamboyant. Zenzile ne s'interdit rien. Et ne s'oblige pas plus.
Réservations sur www.alhambra-paris.com
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