Mano Solo
concert Paris

Mano Solo

Événement publié par Alhambra T

date et heure

du à 20:00
au mardi 26 janvier 2010 à 00:00

tarif

30,00€

promoteur

infos

CONCERT ANNULE

Ça fait quatre ans, justement, qu'avec le phénoménal accordéoniste Régis Gizavo (Malagasy All Stars, Cesaria Evora), le guitariste voyageur Daniel Jamet (ancien - notamment - de la Mano Negra) et Fabrice Gratien (La Gosse) au piano et à la trompette, il construit une formation à la complicité rare. Pendant des journées entières, ces quatre-là jouent, s'amusent, improvisent. Et ça s'entend : les chansons de Rentrer au port, vivantes et respirant la joie d'être ensemble, sont empreintes de la joyeuse alchimie (« une vraie symbiose et ce n'est pas un mot vain») qui existe entre eux. Comme celles de In The Garden, premier effort commun du quatuor datant de 2007, elles ont poussé dans le jardin du chanteur. En chef de bande émerveillé par les couleurs (Rock, Jazz, Musette, on en oublie) et les thèmes musicaux que ses trois compères développent, lui sait qu'avec ce groupe il tient un filon. Très souvent, il ne lui reste plus qu'à se baisser pour ramasser les pépites, figer ces instants afin de les transformer en morceaux de bonheur. Lui viennent alors des mots qui, piochés dans sa poésie personnelle, vont refléter son état d'esprit ou la fulgurante phrase qui va la mieux résumer son humeur du moment. « J'ai dû écrire la moitié de cet album en même temps qu'ils jouaient ». Entêtante et lumineuse comme une aube nouvelle, « Chaque matin » est arrivée comme ça, en dix minutes, le dernier jour de studio. Fabrice Gratien a placé des fourchettes dans son piano pour avoir un son bien bastringue puis les paroles de Mano ont coulé comme un tendre, filet de miel : « Depuis que j'ai la chance chaque matin / D'ouvrir mes yeux sur les tiens... ». A l'inverse, l'histoire des « Enfants païens » qui deviennent « des hommes en guerre » est d'abord née sous la forme d'un slam de plusieurs dizaines de minutes, résultat d'une séance enfiévrée d'écriture automatique comme le pratiquaient les surréalistes. Pour la chanson, il n'en a gardé que la substance, que la flamme.
Mano n'a pas de meilleure muse que la liberté dont il jouit depuis toujours, elle qui représente pour lui un vrai besoin vital.
Contrairement aux tenants de la chanson française bien peignée dont l'ambition consiste à réciter scolairement les classiques et à s'agenouiller devant les aînés, lui continue d'opposer sa farouche indépendance de franc-tireur. Dans le domaine de la chanson, s'il reconnaît avoir écouté plus jeune Higelin ou Renaud, il reste ce créateur dont l'inspiration n'a pas d'horizon (les musiques tzigane, balte, africaine, etc.) et qui cherche surtout à se libérer de ses influences. « C'est une chance pour moi de ne pas être très cultivé en chanson française », rigole-t-il. « De toute façon, ma musique, qu'elle tourne en Valse ou en Reggae, je vois ça comme du Rock. » Et s'il porte aux nues Tom Waits, quelqu'un qui lui donne envie, jamais il ne lui viendrait l'idée de l'imiter ou de le singer. En revanche, comme l'Américain le fait avec ses albums.
Mano nous transporte directement dans son univers attachant et fragile.

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