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Le Musée d’Art moderne de Paris entretient, par son histoire, un lien privilégié avec le groupe Supports/Surfaces, qu’il présenta pour la première fois sous cette appellation à l’ARC en 1970. Parmi ses fondateurs, Daniel Dezeuze (né en 1942) occupe une place déterminante.
Fils du peintre Georges Dezeuze (1905-2004), il suit librement les cours des Beaux-Arts de Montpellier, où il rencontre Arnal, Bioulès, Grand, Rouan et Viallat. Son séjour au Mexique en 1964-1965 marque profondément sa peinture, nourrie des cultures préhispaniques. En Amérique du Nord, il découvre ensuite l’école de New York, de Pollock à Rothko.
Installé à Paris en 1967, il élabore avec Saytour et Viallat les bases de Supports/Surfaces, menant une réflexion radicale sur l’avenir de la peinture. Cette remise en question de la structure traditionnelle du tableau l’amène à concentrer son travail sur le support lui-même. Il entreprend alors une déconstruction de la toile envisagée comme objet, affirmant le matérialisme des œuvres et la primauté du processus de création.
Dezeuze quitte le groupe en 1972 et poursuit une recherche personnelle centrée sur la construction du tableau, la fragilité des matériaux, l’économie des moyens et une expérimentation continue.
Vingt œuvres récentes rejoignent les collections du Musée d’Art moderne, une acquisition qui permet de retracer son parcours depuis 1982. Elles témoignent de son goût pour le remploi (portes, panneaux, skis), l’assemblage, la couleur génératrice de formes et l’importance du vide. Les références à l’histoire de l’art (Mondrian), au Moyen Âge, aux cultures mésoaméricaines ou à la calligraphie traversent et nourrissent l’ensemble de son travail des quarante dernières années.
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