Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur. Icônes de l'art moderne
Événement publié par ParisBouge
adresse
Fondation Louis Vuitton - salle, salle d'événementiel, musée
8 Avenue du Mahatma Gandhi, 75116 Paris, France
Afficher sur un plan
tarif
16€, 10€
Contact
infos
Dans la lignée des expositions « Icônes de l’art moderne » consacrées aux grands collectionneurs tels que Sergueï Chtchoukine, les frères Mikhaïl Morozov et Ivan Morozov, ainsi que Samuel Courtauld, la Fondation Louis Vuitton poursuit son exploration des figures pionnières qui ont façonné l’histoire de l’art moderne avec l’exposition « Gustave Fayet, collectionneur - créateur », présentée du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027.
Ce projet investit l’ensemble des espaces de la Fondation Louis Vuitton selon un parcours en deux volets, « Gustave Fayet collectionneur » et « Gustave Fayet, créateur », révélant un parcours où collection, création et engagement artistique se répondent. L’exposition dessine le portrait d’un acteur essentiel de la modernité au tournant du siècle, aujourd’hui largement oublié.
L’exposition réunit plus de 250 œuvres d’une collection aujourd’hui dispersée dans le monde entier et 325 créations de Gustave Fayet, pour la plupart jamais montrées au public et restaurées pour l’occasion.
Le parcours met en lumière un ensemble de 10 tableaux de Vincent van Gogh, 78 œuvres de Paul Gauguin, 88 œuvres d’Odilon Redon, ainsi que des peintures et des pastels d’Edgar Degas, Paul Cézanne, Henri de Toulouse-Lautrec, Pierre-Auguste Renoir, Berthe Morisot, Paul Signac, Pierre Bonnard, Edouard Vuillard et Henri Matisse.
Fruit d’une enquête de plusieurs années, l’exposition bénéficie du soutien de nombreuses institutions internationales et de collections privées. Elle dévoile une personnalité de premier plan, peu à peu reléguée dans l’oubli : Gustave Fayet (1865-1925), collectionneur passionné, artiste et créateur fécond, entrepreneur infatigable et visionnaire dans le domaine des arts décoratifs. Derrière ce nom méconnu se cache l’un des défenseurs et découvreurs de l’avant-garde de son temps, un homme qui contribue à faire émerger l’art moderne sous de nombreuses formes. Gustave Fayet est parmi les premiers à collectionner van Gogh, à exposer Picasso ou à constituer chez lui, en plein cœur de Paris, un « musée Gauguin » riche de près de 200 œuvres, où se pressent artistes et grands collectionneurs de l’époque. Ami et amateur de Redon, il lui offre l’occasion de réaliser un grand décor, resté secret, dans son abbaye du Midi de la France à Fontfroide.
Gustave Fayet n’est pas seulement un collectionneur qui a rassemblé plus de 740 œuvres d’art moderne (hors estampes). Il est aussi, dans la deuxième partie de sa vie, un créateur dont le succès marque les arts décoratifs du début du 20e siècle. Peintre, aquarelliste, céramiste, décorateur, créateur de tapis, de tissus et de papiers peints, illustrateur de livres, il incarne une génération pour laquelle l’art irrigue tous les aspects de la vie. Ses créations, diffusées dans les grandes galeries et salons de son époque, séduisent des figures influentes comme Paul Poiret, Jacques Doucet ou Jeanne Lanvin. De l’Art nouveau à l’Art déco, Fayet participe à l’invention d’un nouvel art de vivre où beaux-arts et arts décoratifs se rejoignent. Pour Gustave Fayet, collectionner et créer s’unissent dans un même élan.
L’exposition, consacrée à cette figure singulière et pionnière à plusieurs égards, dévoile un univers foisonnant et ouvre un nouveau chapitre de l’art moderne et des arts décoratifs du début du 20e siècle. Ce projet rassemble au total 740 œuvres et documents répartis entre les deux volets de l’exposition.
Plus de 250 œuvres d’artistes tels que Vincent van Gogh, Paul Gauguin, Odilon Redon, Edgar Degas, Paul Cézanne, Henri de Toulouse-Lautrec, Pierre-Auguste Renoir, Berthe Morisot, Paul Signac, Pierre Bonnard, Edouard Vuillard et Henri Matisse sont présentées.
Parmi les œuvres exposées pour la première fois en France, l’Autoportrait à l’oreille bandée de Vincent van Gogh n’a pas été montré dans l’Hexagone depuis 1937 et n’a jamais été prêté pour une exposition depuis 1990. Peint après la rupture entre Paul Gauguin et Vincent van Gogh, ce tableau montre un artiste blessé mais décidé à continuer à peindre. L’Autoportrait à la palette de Paul Gauguin lui fait écho : deux visions de l’artiste moderne se répondent dans un dialogue inédit.
L’exposition réunit également Le Christ jaune (1889, Buffalo AKG Art Museum), Portrait de l’artiste au Christ jaune (1890-1891, Musée d’Orsay, Paris) et Le Calvaire breton (1899, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles), ayant appartenu à Gustave Fayet et à ses proches George Daniel de Monfreid et Maurice Fabre. Trois tableaux, trois collectionneurs du Midi de la France, unis dans leur passion pour Gauguin, trois manières d’autoportrait forment un ensemble qui témoigne du rôle joué par Fayet dans la reconnaissance de l’artiste.
Le parcours présente aussi le décor qu’Odilon Redon peint pour la bibliothèque de l’abbaye cistercienne de Fontfroide, que Fayet achète en 1908 pour la restaurer et transformer en œuvre d’art totale. Les panneaux y sont toujours conservés. Pour la première fois, Le Jour, La Nuit et Le Silence, testaments artistiques de Redon, sont dévoilés au grand public. Pour Fayet, l’œuvre et l’amitié du peintre symboliste ouvrent la voie d’un art suggestif et spirituel qui nourrit sa propre création.
Un large ensemble de créations est réuni : 55 céramiques, 19 mises en carte, 90 aquarelles sur papier buvard, 15 peintures, pastels et gouaches, et 18 livres illustrés, dont les 72 planches qu’il dessine d’après Mireille, le poème provençal de Frédéric Mistral, et son album-testament, Fleurs.
Le deuxième volet de l’exposition explore les multiples facettes d’un artiste créateur et entrepreneur, dont l’œuvre résiste aux définitions. Peintre paysagiste, il découvre dans la diversité de l’Art nouveau et de l’Art déco un champ d’expérimentation qui nourrit sa curiosité. Au fil des années, il devient créateur et s’investit dans les arts décoratifs. Il est céramiste, décorateur, concepteur de tapis, de tissus, de papiers peints et de livres illustrés, fondateur d’une maison de mode, une profusion que Jean Cocteau rapproche du « touchatouisme ».
Longtemps inaccessibles, dispersées ou oubliées, ses créations sont réunies pour la première fois. Elles révèlent une vitalité créatrice libre et moderne, où la couleur, le motif et l’invention dialoguent avec les courants artistiques de son temps, révélant une dimension méconnue de l’histoire des arts décoratifs.
Ancré dans l’héritage du symbolisme de la fin du 19e siècle, Gustave Fayet contribue à réinventer les intérieurs modernes des Années folles à travers ses entreprises artistiques, la Maison Della et l’Atelier de la Dauphine. À travers la commande de vitraux à Richard Burgsthal pour l’abbaye de Fontfroide, comme dans ses propres créations pour ses demeures d’Igny, de La Dragonne et de Costebrune, Gustave Fayet développe un goût de la fantaisie qui nuance l’esthétique sobre et géométrique des années 1920. Il se distingue notamment par un vocabulaire floral riche, qu’il improvise sur papier buvard avant de le transposer en tissus, papiers peints ou tapis.
En 1896, Gustave Fayet lance sa première entreprise dans le champ des arts décoratifs. Avec le peintre et sculpteur Louis Paul (1858-1922), ancien élève de Rodin, il fonde à Béziers un atelier de grès qui produit plus d’une centaine de céramiques jusqu’en 1904, allant jusqu’à exposer chez Siegfried Bing à Paris en juin 1898.
Vers 1912, après près de dix ans d’interruption, Gustave Fayet reprend le pinceau. À l’univers maîtrisé de ses premiers paysages languedociens succèdent des formes étranges à l’aquarelle sur papier buvard qu’il crée quotidiennement, des fleurs surgissant dans un monde indéterminé, aux frontières de l’abstraction. Ces œuvres deviennent sa signature visuelle, qu’il décline ensuite en papiers peints, tissus et tapis.
En 1920, Gustave Fayet fonde à Paris l’Atelier de la Dauphine, destiné à transformer en tapis les motifs de ses « buvards ». Ses tapis aux motifs végétaux, dénués de géométrie, sont commandés par Jeanne Lanvin, Jacques Doucet ou Léon Losseau. Conçus comme des tableaux, ils sont exposés au Salon d’Automne, au pavillon de Marsan (Louvre) ou à l’Exposition internationale de 1925.
À l’occasion de l’exposition, des campagnes de restauration sont menées par la Fondation Louis Vuitton, notamment sur les tapis réalisés pour la maison Léon Losseau à Mons (Belgique), ainsi que sur un ensemble de mises en cartes préparatoires. Une dizaine de robes inspirées par ses liens avec Paul Poiret, Jacques Doucet et Jeanne Lanvin ont été identifiées et restaurées.
Avec l’exposition « Gustave Fayet, collectionneur - créateur », la Fondation Louis Vuitton met en lumière un pan oublié de l’histoire de l’art moderne et des arts décoratifs : l’univers d’un homme dont la vie semble avoir été guidée par les mots de son ami André Suarès : « Il a tout fait avec art ».
Sylvie Patry, conservatrice générale du patrimoine et spécialiste de l’art de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle, est commissaire générale de l’exposition et dirige le catalogue sur la collection de Gustave Fayet. Angeline Scherf, conservatrice à la Fondation Louis Vuitton, assure le commissariat de la section dédiée au créateur ainsi que la direction de son catalogue.
Pour mettre en scène cet univers réunissant plus de 767 œuvres et archives réparties en 28 sections dans l’ensemble des galeries, la Fondation Louis Vuitton invite Robert Carsen à imaginer une scénographie sensible, faisant renaître les différents mondes de Gustave Fayet. Par le jeu des atmosphères, des couleurs et de l’architecture des espaces, il fait émerger ses univers, ses maisons, ses lieux de vie, ses collections et ses créations. Le parcours se déploie en une succession de séquences distinctes, offrant une lecture des différentes facettes de Fayet, collectionneur, commanditaire, créateur, entrepreneur, tout en révélant la cohérence de son regard.
Deux ouvrages coédités avec Gallimard exploreront les facettes du collectionneur et du créateur, tandis qu’une base de données recensera les œuvres et estampes identifiées de la collection de Gustave Fayet. Un symposium international prolongera cette entreprise de recherche. L’exposition sera également accompagnée d’une programmation musicale évoquant les liens entre Fayet et les compositeurs de son époque.
Commissariat :
- Sylvie Patry, commissaire générale invitée, assistée de Yulia Kokurkina et Michèle Kieffer
- Angeline Scherf, commissaire associée, Fondation Louis Vuitton, assistée de Cordélia de Brosses et Charlotte Lange
Scénographie :
- Robert Carsen, directeur artistique de l’exposition
L’exposition est réalisée en collaboration avec l’Association Musée d’Art Gustave Fayet Fontfroide, avec le soutien du musée d’Orsay et la participation de la Bibliothèque nationale de France.
0 participant
Commentaires
