Soto : une traversée cinétique

© Pénétrable BBL jaune, 1999 © Jesús Rafael Soto / ADAGP, Paris 2026. Atelier Soto, Paris

exposition Paris musée et fondation

Soto : une traversée cinétique

Événement publié par ParisBouge

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Soto : une traversée cinétique - une œuvre immersive de Jesús Rafael Soto à la Cité de l'architecture et du patrimoine

Constituée de milliers de tubes jaunes fins et souples, suspendus, cette structure monumentale, présentée le 20 mai 2026 à 9h à la Cité de l'architecture et du patrimoine - Palais de Chaillot, vous invite à pénétrer dans une expérience convoquant tous vos sens.

Installé à Paris en 1950, l'artiste d'origine vénézuélienne s'est illustré par des tableaux, reliefs et sculptures dont les décalages géométriques piègent le regard dans des trames colorées au gré de nos moindres mouvements.

Sa série, amorcée en 1967 et rapidement intitulée « Pénétrable », connaît sa première version monumentale sur le parvis du musée d'art moderne de la Ville de Paris en 1969. Elle se poursuit notamment avec le Pénétrable BBL jaune en 1999, aujourd'hui présenté à la Cité de l'architecture et du patrimoine.

Constituée de milliers de tubes jaunes fins et souples, suspendus à une structure métallique, l'œuvre est moins une sculpture à contempler qu'un « environnement » immersif, à la fois optique, mobile et tactile. Car un Pénétrable propose une expérience qui se joue à l'échelle de l'espace réel et de l'architecture, au sein d'une nuée vibrante de lignes souples qui se traverse comme une forêt, un fleuve ou même un brouillard.

De l'extérieur, le Pénétrable apparaît comme un simple parallélépipède, un grand volume coloré et vibrant de plus de 150 mètres cubes. Ouvert de tous côtés, il invite à s'y introduire et à y évoluer librement. Très vite, la stabilité apparente de l'ensemble disparaît : l'expérience y est fluctuante et sans cesse rejouée. Les contours de la structure disparaissent, les silhouettes humaines se brouillent et les distances deviennent incertaines.

Lorsque plusieurs personnes évoluent dans ce bain commun, elles ne respirent plus seulement le même air, mais partagent le même espace. Le corps devient lui-même un instrument de perception d'une couleur pure, désormais atmosphérique et spatialisée : nous marchons, frôlons et sentons le contact des longs fils sur notre peau, autant que nos yeux perçoivent les palpitations constantes de la couleur. L'expérience engage ainsi autant le toucher que la conscience de notre corps, constamment frôlé par les fils colorés.

Si elle peut s'avérer ludique et plaisante, cette immersion particulière n'est pas anodine. Soto renverse la relation esthétique traditionnelle dans la mesure où c'est l'œuvre qui entoure le spectateur, et non plus le spectateur qui fait face à l'œuvre ou en fait le tour. Chaque traversée produit une configuration différente, et l'objet ne cesse de nous échapper. En substance, Soto instaure un espace qui n'est ni stable ni homogène, où les limites habituelles entre voir, toucher et habiter sont poreuses.

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plan 1 place du Trocadéro, 75016 Paris, France

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