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Colloque international interdisciplinaire organisé par le Groupe de Recherche d’Histoire, EA 3831, Université de Rouen, par l’Institut Acte, UMR 8218, Université Paris 1 & CNRS, en partenariat avec le Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines, UMR 2448, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines / Paris Saclay.
Colloque international interdisciplinaire organisé par le Groupe de Recherche d’Histoire, EA 3831, Université de Rouen, par l’Institut Acte, UMR 8218, Université Paris 1 & CNRS, en partenariat avec le Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines, UMR 2448, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines / Paris Saclay.
Le terme « cinétique » est le plus souvent utilisé comme adjectif : énergie cinétique – énergie du mouvement, art cinétique – oeuvre d’art dont certaines parties sont en mouvement ou paraissent l’être. Mais dans le titre de ce colloque, il est en position nominale, c’est-à-dire fait référence à la théorie physique définissant un phénomène à partir du mouvement des composantes du système dans lequel il apparaît. Pour les arts, cela voudrait donc dire qu’une forme d’art peut être conçue comme un phénomène apparaissant dans un système dont le mouvement des parties pourrait être décrit en sorte d’en rendre raison… De fait, cela peut sembler assez rationnel que certaines musiques de Iannis Xenakis, par exemple Pithoprakta (1955-1956), composées par un calcul inspiré de la théorie cinétique des gaz, puissent rendre un effet esthétique qui évoque des trajectoires, des chocs de particules, et c’était en tout cas son idée que certaines structures algébriques puissent être appréhendées par nos sens.
De même, on peut concevoir que des technologies, des techniques ou des médias offrent autant d’occasions de donner des équivalents sensibles de schémas dynamiques : l’acousmonium du GRM pour la musique électroacoustique ou, plus récemment, le système de diffusion sonore spatialisée « Dolby Atmos » pour le cinéma. Mais s’agissant d’un « système des arts » dans lequel apparaîtrait telle ou telle forme particulière comme simple effet de l’agencement et du mouvement de ses constituants, ce n’est plus seulement une affaire d’esthétique, de sensations ou d’émotions induites.
La « cinétique » apparaîtra, dans ce milieu plus général, comme une approche spécifique, à l’instar de l’archéologie, de l’histoire, de la sémiologie, de la musicologie, de l’esthétique elle-même… Par exemple, on pourrait imaginer que, dans le référentiel constitué par une académie, des institutions d’exposition et une axiologie régissant les échanges de ses productions, un « manifeste » comme L’Arte dei Rumori puisse faire mouvement, circuler, voire mettre en mouvement et bousculer les constituants du système dans lequel il est introduit. La cinétique consistera donc à décrire ce mouvement et à en étudier les effets, et ce jeu pourra être raffiné autant qu’on voudra en changeant de référentiel, voire en observant les influences que les objets composant le référentiel exercent sur celui qui est placé dans leur champ… Car après tout, ce sont tous des objets, des « faits construits », dès lors qu’on les place dans le cadre d’une étude empirique.
Ainsi conçue, l’approche « cinétique » des arts pourrait favoriser l’étude de certaines productions et n’être que d’une moindre utilité pour d’autres. Elle aurait donc pour corollaire de faire émerger une nouvelle catégorie. Mais dans tous les cas, il importera que chaque exercice qui en suivrait le principe fasse clairement apparaître ses limites, qui sont celles de toute approche expérimentale.
Pour le dire de manière synthétique, les propositions de communications pour le colloque « La cinétique des arts » seront examinées selon deux critères pour les « études de cas » : la prise en compte du caractère instrumental, analytique, du concept de « cinétique » ; le choix de l’objet étudié, puisque tous ne sont pas également susceptibles d’être observés par ce dispositif. Les propositions pourront également porter sur une critique de la méthode « cinétique » par l’examen de ses limites et, en particulier, de la menace scientiste que toute approche empirique comporte inévitablement, comme cela a été largement démontré avec l’histoire de l’esthétique.
PROGRAMME
10h Indrė Eugenija Želvytė : La cinétique de l’art pianistique - entre interprète et instrument
10h30 Georges Bériachvili : Geste et mouvement chez les compositeurs du début du XXIe siècle
11h Xavier Hautbois : Cinématique musicale : le mouvement segmenté
11h45 Pause
14h Nicolas Darbon : La dynamique des fluides
14h30 Martin Kaltenecker : Analyse cinétique de la mélodie
15h Pause
15h30 Jacopo Baboni Schilingi : La constitution des archétypes dans l’intelligence collective et leur épaississement
16h Célio Paillard & Frédéric Mathevet : JI2 pour synthétiseur, performance
17h Débat de clôture
COMITÉ SCIENTIFIQUE
Christophe d’Alessandro – Directeur de Recherche, LAM, Institut Jean Le Rond d’Alembert, CNRS / UPMC ; Miguel Almiron – Maître de Conférences, Université de Paris-Est ; Florent di Bartolo – Maître de Conférences, Université de Paris-Est ; Pierre-Albert Castanet – Professeur des Universités, Université de Rouen ; David Christoffel, Producteur à Radio France, membre de l’Institut ACTE, Sorbonne Paris 1 & CNRS ; François Delalande – Chercheur émérite, GRM ; Xavier Hautbois – Maître de Conférences, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines ; Patrick Otto – Maître de Conférences, Université de Rennes ; Gérard Pelé – Professeur des Universités, ENS Louis-Lumière, Institut ACTE, Sorbonne Paris1 & CNRS ; Makis Solomos – Professeur des Universités, Université de Paris 8 ; Lenka Stransky – Chercheuse associée, Institut ACTE, Sorbonne Paris 1 & CNRS et GRHis, Université de Rouen.
COMITÉ D’ORGANISATION
Pierre-Albert Castanet, Gérard Pelé, Lenka Stransky
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