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Avec Mike Bouchet, César, John De Andrea, Tara Donovan, Elmgreen & Dragset, Laurent Grasso, Candida Höfer, KAWS, Bertrand Lavier, Heinz Mack, Pierre Paulin, Monir Shahroudy Farmanfarmaian, Jesús Rafael Soto, Xavier Veilhan
« J’ambitionnais de montrer jusqu’où on pouvait aller en matière de modernité »
Pierre Paulin
La Galerie Perrotin, Paris organise, du 22 octobre au 19 décembre, l’exposition «Paulin, Paulin,
Paulin». Des créations jamais éditées de Pierre Paulin (1927-2009) produites en édition limitée par
Paulin, Paulin, Paulin (en particulier la «Déclive» de 1966; fauteuils, tables & tapis «Jardin à la
française» réalisés spécialement pour le Palais d’Iéna à Paris en 1985; «Ensemble Dune» et «TapisSiège»
conçus pour le projet Herman Miller en 1970; etc.) dialogueront avec des œuvres d’artistes
contemporains comme Mike Bouchet, César, John De Andrea, Tara Donovan, Elmgreen & Dragset,
Laurent Grasso, Candida Höfer, KAWS, Bertrand Lavier, Heinz Mack, Monir Shahroudy
Farmanfarmaian, Jesús Rafael Soto, Xavier Veilhan. Certains artistes ont introduit des créations de
Paulin dans leur œuvre (Bertrand Lavier, Elmgreen & Dragset, Candida Höfer) alors que d’autres
ont développé des pièces ayant des correspondances formelles libres ou évoquant l’univers de Paulin.
Paulin, Paulin, Paulin, entreprise familiale fondée en 2008, travaille à la valorisation de l’œuvre
de Pierre Paulin. La structure produit également, en séries limitées, des créations souvent
inédites, restées à l’état de prototypes ou réalisées dans le cadre de commandes spécifiques,
avec le concours des meilleurs artisans et l’expertise de Michel Chalard qui fut le plus proche
collaborateur technique de Pierre Paulin.
Les créations de Pierre Paulin ont des noms évoquant des numéros d’inventaire ou de modèles
industriels (F560, F437, F582, F577…), mais nous les connaissons à travers des titres qui les
décrivent, parmi lesquels: «Mushroom» (1960), «Orange Slice» (1960), «Ribbon» (1966),
«Tongue» (1967) acquise dès 1967 par le MoMa, New York. Iconiques, les objets du plus célèbre
des designers français préfigurent la fin d’une époque laissant place à une société en pleine mutation
culturelle, économique et technique au début des années 60. Les meubles de Paulin épousent
les formes du corps humain, désormais libéré de toute contrainte sociale. Ses recherches
rigoureuses de matières nouvelles (tissu élastique et mousse de polyuréthane par exemple)
associées à une fabrication innovante, plaçant le confort et le bien-être au cœur du processus,
autorisent aussi toutes les combinaisons possibles d’agencements de l’espace devenu malléable.
En effet, le principe de modularité des formes et un fonctionnalisme sensuel président à leur
conception, dans un geste artistique radical. Les voyages en Scandinavie (1951) et au Japon (1963)
marquent durablement Pierre Paulin et façonnent ses choix esthétiques tels un manifeste, qu’il
a même appliqués à la commande pour les appartements privés de Georges Pompidou au Palais
Présidentiel de l’Elysée en 1971 (encore plus audacieuse que celle «moderne certes mais classique»
passée en 1983 par François Mitterrand): Le corps doit fusionner avec ce qui l’entoure, ou plutôt
l’inverse; le sol, les murs & le plafond sont pensés comme un tout harmonieux où un centre de
gravité plus bas est souvent privilégié, à l’image des intérieurs japonais ou des tentes nomades.
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