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Il n’y a rien de plus blessant pour un homme de notre temps que de lui dire qu’il est un homme ordinaire.
Le prince Mychkine revient à Saint-Pétersbourg après une longue convalescence dans un village Suisse. Il franchit la porte des Epantchine, ses lointains parents, et fait la connaissance de la belle Nastassia Filippovna. Autour d’elle, Dostoïevski dépeint une humanité aux passions douloureuses. L’argent, le pouvoir, la femme... Rivalité et désirs les torturent tous : Rogojine, fils d’un riche marchand, passionné jusqu’à la souffrance ; Gania, humilié par sa pauvreté et prêt à toutes les bassesses pour s’élever ; le général Epantchine et Totski, vieux jouisseurs qui détruisent des vies…
C’est au milieu de cette humanité en proie à ses démons que le Prince exercera sa bonté et son discernement. Il en subira les conséquences.
Extrait
Gania au prince : Vous me dites que je n’ai pas la moindre originalité. Notez bien, cher prince, qu’il n’y a rien de plus blessant pour un homme de notre temps que de lui dire qu’il n’a aucune originalité, qu’il est faible de caractère, qu’il n’a pas de talent particulier et qu’il est un homme ordinaire. Vous m’avez humilié pis encore qu’Epantchine qui croit que je suis capable de lui vendre ma femme ! Ça, mon bon, ça me rend fou depuis longtemps, et c’est l’argent que je veux. Une fois que j’aurai l’argent, sachez-le, je serai l’homme le plus original. L’argent, il est d’autant plus sale et haïssable qu’il donne même du talent. Et il en donnera jusqu’à qu’à la fin des temps. Vous direz que tout ça, c’est des rêves de gosse, ou de la poésie — eh bien, tant mieux mais la chose, n’empêche, elle se fera quand même. J’y arriverai, je tiendrai. Rira bien qui rira le dernier ! Bon, mais ça suffit, l’heure tourne. Vous serez loin d’être mal chez nous. Maintenant, vous faites partie de la famille.
Du 03 mars au 11 avril 2015
Du mardi au samedi à 21h30
Salle Vicky Messica
Durée : 1h25
Genre : théâtre
Texte : Fédor Dostoïevski
Adaptation et mise en scène : David Goldzahl
Traduction : André Markowicz
Décor : Justine Roth
Costumes : Auriane Malié, Morgane Desaveines, Coline Nguyèn
Avec : Eilias Changuel, Jonathan Deveine, Ludivine Druot François, Sophie Dost Gabillot, David Goldzahl, Olivier Vallas.
(crédit photographique : DR)
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