Le monde rêvé d'Alexandre Pineau (1893-1970)
exposition Paris galerie

Le monde rêvé d'Alexandre Pineau (1893-1970)

Événement publié par Mathyeu Le Bal

adresse

galerie les montparnos

5 Rue Stanislas, Paris, France

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tarif

entrée libre

style

art moderne peinture montparnasse école de paris cirque

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La galerie Les Montparnos est heureuse de vous présenter sa prochaine exposition automnale consacrée à l’une des figures du Montparnasse de l’entre-deux-guerres, le peintre : Alexandre Pineau.

Exposition intitulée :

Le monde rêvé d’Alexandre Pineau (1893-1970)

Présentation :

Alexandre Pineau est né à Montparnasse, au cœur du 14 e arrondissement. Très tôt, le jeune garçon âgé de sept ans, montre des aptitudes pour la pratique du dessin. En 1900, il est lauréat du concours de dessin de la ville de Paris, organisé à l’occasion de l’Exposition Universelle.

La guerre.

Le 28 octobre 1913, Pineau se porte volontaire pour 3 ans : il est affecté au 113e régiment d’infanterie où il devient conducteur d’automobile. Blessé aux reins par des éclats d’obus, il passera ensuite dans le 82e régiment d’artillerie lourde et conduira des tracteurs de pièces et de munitions.

« Les 4 Vents ».

De retour à la vie civile, Pineau rencontre une femme de 23 ans, Antoinette Rose Jeanne Hauüy, sténodactylo. Le couple se marie le 23 octobre 1919 à Clamart et s’y installe, d’abord chez les parents d’Antoinette, puis Villa Elise, avenue du Cimetière. En 1920, ils donnent naissance à une petite fille qu’ils prénomment tout naturellement Elise. Trois ans plus tard, le malheur vient frapper à leur porte : la petite Elise décède. En 1926, Alexandre fait construire sa propre maison au 22 avenue du Cimetière. Il l’appelle « Les 4 Vents ». La chambre du haut, orientée au nord, possède une vue dégagée sur l’ouest parisien et le Mont Valérien. Cette chambre deviendra son atelier.

La perte de sa fille va marquer profondément son œuvre, tant par le choix de ses sujets que dans la technique. Sa peinture devient, toute entière, un hommage au monde de l’enfance, de ses tendresses, ses couleurs et ses joies, le tout habité d’un imaginaire féérique. Les aspects sombres de l’existence sont traités avec douceur, préservant l’espace intérieur de la noirceur des réalités extérieures. Pineau, c’est l’œil de la gentille dérision. Le peintre va alors fréquenter les fortifs, à la rencontre des êtres qui se trouvent en marge de la ville. C’est la découverte du cirque, de ce monde itinérant des gens du voyage. Les clowns l’émerveillent : se voit-il ainsi ? En autoportrait moqueur qui fait sourire les enfants ? Dans les années 1930, le peintre s’est grimé plusieurs fois en clown, soit lors de soirées de réveillon, soit lorsqu’il jouait dans un petit théâtre qui s’appelait « Le moulin de Gringoire ». Dans l’univers du cirque cher aux artistes du Montparnasse, ce sont aussi les funambules, ces êtres de l’équilibre poétique, miraculeux au-dessus du vide ou du chaos.

Montparnasse.

Alexandre Pineau s’affirme comme peintre vers 1925. Retrouvant son quartier d’enfance, il fréquente Montparnasse et ses cafés, point de ralliement des artistes. En 1928, il fait la rencontre d’un homme qui lui ressemble à plus d’un titre : Auguste Clergé. Ils vont sans doute se trouver des points communs par les épreuves traversées, la peinture et bien sûr le cirque, le théâtre et la zone. Avec Clergé et Pineau, un groupe se forme, rejoint par Louis-André Margantin (1900-1965), Adrienne Jouclard (1882-1972) et Germain Raingo Pelouse (1893-1963) installés tous trois rue Campagne-Première. Dans ce groupe, il y a également André Beloni (1905-1987). Pineau est présent à l’exposition collective de la Brasserie Courbet en 1930. Il s’agissait du 18e Salon organisé par La Compagnie Ambulante des Peintres et Sculpteurs Professionnels qui voyageait de café en café depuis les premières expositions au Parnasse. A cette occasion, la brasserie Courbet réunit autour de Pineau et de Clergé une trentaine de peintres dont : Le Scouëzec, Zingg, Antral, Micao Kono, Balande, Claudot, Neillot, Jauclard, le graveur Lebedeff, le sculpteur Jean Levet et Marevna…

Minor Swing.

Pineau, avec son air manouche, moustache à la Django Reinhardt, se nourrit des échanges avec la communauté des Montparnos. Il expose au Salon des Indépendants, aux Artistes Français, ainsi qu’au Salon des Surindépendants. Sa peinture s’imprègne de la douceur populaire ; il est un coloriste généreux, les tonalités chaudes sont rythmées dans des compositions minutieuses. Il y a du Fellini dans ses scènes de vies. Les enfants en mouvement sont exagérément plus petits par rapport à la taille des adultes qui apparaissent immenses. Son œuvre, par sa fraîcheur et son caractère joyeux, est à rapprocher de celle des « Primitifs Modernes », du Douanier Rousseau ou d’André Bauchant. Ses thèmes de prédilection sont ceux d’une France rêvée, celle des Années 1930 et de l’après-guerre : villages, campagnes, balade dans la nature animée, spectacles de rue, campements dans les terrains vagues en bordure de la ville avec ses poussées de barres d’immeubles qui isolent et étouffent. Pineau peint comme un ambulant, c’est une flânerie le long de la route ou en bord de Marne, ce sont les beaux dimanches de congés. Ce sont les courses de chevaux ou de bicyclettes, les animations de kermesses, les chanteuses de rues, les haltérophiles des boulevards… Nostalgie d’une époque ou recoins secrets de la mémoire imaginaire. Et par cette « réalité » transposée, tel un Jacques Tati de la peinture, c’est notre réalité qui se trouve soudain mise en perspective sous nos yeux étonnés et souriants.

Au cœur du peuple, Alexandre Pineau consacre sa vie à la peinture, en observateur tendre, le regard bienveillant sur le grand manège du monde. Sa peinture marque une délicate distance, se place en retrait des affres sombres de l’existence, tel un refuge dans lequel l’âme de l’enfant serait à jamais préservée.
Mathyeu Le Bal

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