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Christophe Compiano parle de lui avec modestie. Il se dit "gribouilleur". Lors des vernissages, là où il va devoir parler de son travail, il avoue préférer la discrétion et l'écoute à l'explication spontanée de son art.
Mais au détour d'une conversation, il le fait volontiers. Il n'en parle pas directement mais évoque ce qu'il aime, ce qui le préoccupe dans le monde environnant, sa soif de liberté... Il est lucide l'homme. Lui aussi cherche une alternative. Il se débat.
Pourtant, rien n'est jamais désespéré dans l'œuvre de Christophe Compiano. La prise de conscience résonne comme un appel, une invitation à sortir du carcan imposé, au nom de la liberté individuelle. Le constat est teinté d'ironie; en émerge une œuvre douce-amère, acidulée, colorée et acide. « Des bonbons qui piquent » comme diraient les enfants.
D'ailleurs, les enfants sont très présents dans les toiles de cet artiste. Comment les interpréter ? Des réminiscences d'une période idéalisée et naïve (même si elle ne le fut pas toujours pour lui), une période volée et regrettée mais aussi comme un sarcasme : ces représentations d'enfants sont souvent des figures éclopées, biffées, et/ou en proie justement à une réalité plus sordide.
Dans le même temps, l'innocence de cet âge est sublimée : des têtes pouponnes blondes, des peluches souriantes...
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