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de Cléo Smeets - mise-en-scène par Barbara Suie- par la Compagnie Lilalune, etc- avec Irène Barriquault- Lucile Chevalier- Léa Di Domenico-Cécile Laforest- Hélène Monnerie
- Agathe Paysant-Elisa Rigoulet- Barbara Suie - création lumières Guillaume Blivet- assistant à la mise-en-scène Adrien Capitaine-Justine De Cruz
L'Iran aujourd'hui, huit femmes, leurs confidences. La parole se libère pour nous toucher par son urgence et sa modernité. Ces autobiographies, inspirées de vies réelles, nous dévoilent secrets, transports, indignation, désirs, colère....
« Comment rendre une parole? Comment la réinventer? Se nourrir de toutes celles qui m'ont dit, qui m'ont fait confiance? Toutes celles qui pendant quelques années ont jalonné ma vie d'étrangère. Elles se sont confiées, dans leur propre langue, avec leurs propres mots. Réinventer leur discours, le faire advenir pour le donner à entendre, en saisir le rythme, l'élégance et la spontanéité, la pudeur et la vivacité. »
Ces questions constituent la première motivation de l'écriture de Cléo Smeets qui à travers huit monologues, en prêtant aux vies réelles une liberté poétique de la parole, permet aux femmes iraniennes de se dévoiler elles-mêmes, en Autoportraits pleins de justesse et d'envol.
Il n'y a pas d'histoire, il y a des histoires, les leurs, qui se succèdent, se mêlent et s'entrechoquent. Puis il y a l'histoire avec un grand H, celle qui a changé leurs vies, celle avec laquelle il faut faire tant bien que mal et qui se met si souvent en travers du chemin. Elles ont dix-huit, trente, et cinquante ans, elles espèrent, elles craignent, elles se battent, elles renoncent, elles avancent, elles concluent- elles nous disent.
Nous devenons en quelque sorte les confidents de ces récits autobiographiques, témoins devant le mystère des vies possibles qui nous sont contées, et par delà : leurs attentes, leurs peines, leurs stigmates.... Nous assistons de près à un phénomène vieux comme le théâtre : la parole prend vie dans la bouche de l'acteur. Elle n'est plus secrète et honteuse, elle s'enflamme et clame sa vérité irrécusable, au-delà des frontières, au-délà des interdits. C'est là une nécessité inscrite dans le corps du texte : il doit être incarné et dit pour soulager le silence dont il est souffre-douleur.
Les actrices non-iraniennes deviennent des portes-paroles et des portes-douleurs, proches dans leur distance. A travers elles, les échos du pays des mille et une nuits, de mille et un rêves et mille et un cauchemars, résonneront pour déchirer le voile. La mise en scène se veut ici un portrait de la transgression, de la tension intrinsèque à l'aveu sous l'apanage de la censure. Il s'agit de la difficile liberté que le théâtre et l'art en général, ne serait-ce que l'espace d'un instant éphémère, peuvent nous offrir.
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